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La France s'attaque au suicide en prison

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La France s'attaque au suicide en prison

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Enrayer l’augmentation des suicides dans les prisons françaises : c’est l’engagement pris par la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie. En visite à la maison d’arrêt d’Orléans, elle a annoncé une série de mesures préventives. Par exemple, pour éviter les pendaisons, méthode utilisée dans 90% des cas, les détenus les plus vulnérables se verront attribuer des draps indéchirables et des pyjamas en papier.

“Chaque suicide est toujours un suicide de trop, a-t-elle martelé. D’autre part, il y a un certain nombre de cycles où on voit remonter ces chiffres et donc, il faut agir.” Les chiffres sont particulièrement alarmants. Sur les 7 premiers mois de l’année, 81 détenus se sont donné la mort dans les prisons françaises, à peine 34 de moins que sur l’ensemble de 2008. Le dernier suicide en date remonte à lundi. Un détenu de 37 ans a été retrouvé pendu dans sa cellule des Baumettes à Marseille. Pour le docteur Louis Albrand, auteur d’un rapport sur la question, ce décès aurait pu être évité. “Il faut, dès l’arrivée, la présence d’un psychologue qui va détecter, grâce à une grille d‘évaluation, les personnes à risque suicidaire – ceux qui ont un traitement, des antécédents ou qui sont au bout d’un parcours difficile. Et on le sait, puisque sept sur dix des récents suicidés étaient déjà catalogués comme fragiles.” Le docteur regrette que toutes ses recommandations n’aient pas été retenues. Le gouvernement a toutefois décidé de suivre l’exemple de la Grande-Bretagne et de l’Espagne, où des détenus volontaires sont chargés d’accompagner les prisonniers en situation de détresse psychologique.