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Les bases de la polémique en Amérique latine

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Les bases de la polémique en Amérique latine

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L’annonce de cet accord entre les Etats Unis et la Colombie sur les bases militaires semble avoir ressuscité les fantômes du passé en Amérique Latine.

Lors d’une rencontre avec des étudiants vénézueliens, Fidel Castro retrouvait il y a quelques jours ses esprits après un long silence, entonnant un discours de guerre froide pour défendre son ami Chavez : “Nous ne sommes pas libres, on n’a aucun droit… Ou est la souveraineté du Vénézuela et de Cuba? Nous sommes piétinés, occupés, et cela on peut le prouver…” Pourtant la progression de la gauche en Amérique Latine a reconfiguré la carte politique de la région. La Colombie est aujourd’hui l’un des seuls alliés de Washington, après le départ en juin des troupes américaines d’une base militaire en Equateur. Parallèlement, les dépenses militaires de la région ont augmenté de 50% durant cette dernière décennie, avec la Colombie et le Vénézuela en tête derrière le Brésil. Pour le Vénézuela, la militarisation à coup d’armes venues de Russie et de Chine, est surtout un moyen de renforcer les liens avec deux poids lourds et de poursuivre sa politique à la cubaine …. En même temps, Caracas n’a cessé de hausser le ton envers Bogota, accusé de visées impérialistes : “Il faut préparer la rupture des relations diplomatiques, a demandé Hugo Chavez à son chef de la diplomatie il y a deux jours. Ces sept bases américaines équivalent à une déclaration de guerre contre la révolution bolivarienne, et nous en prenons note …” Un ton offensif qui est aussi une arme politique pour le président colombien. Elu pour mettre fin à la guérilla des FARC, Alvaro Uribe n’a pas hésité à accuser le Vénézuela de vendre des armes aux FARC, à un moment ou il espère pouvoir se présenter à un troisième mandat. Officiellement, les bases américaines devront renforcer la collaboration mise en place avec Washington pour combattre le trafic de drogue et le terrorisme. Ce sénateur colombien évoque d’autres atouts de cette coopération: “Compte tenu de la réalité de la situation internationale, la Colombie a besoin d’avoir une défense dissuasive qui soit crédible dans l‘éventualité d’un conflit armé. C’est vital et n’importe quel Etat le fait.” À Bogota, des affichages appellent Hugo Chavez et son homologue équatorien à “ouvrir les yeux” sur les bonnes intentions de l’alliance américano- colombienne . En vain… Les relations diplomatiques avec la Colombie ont été gelées, et Caracas brandit la menace des sanctions commerciales.