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Affaire Clearstream : comme un mauvais roman politico-financier

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Affaire Clearstream : comme un mauvais roman politico-financier

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De scandale financier, l’affaire Clearstream est rapidement devenue affaire d‘état tant les personnalités impliquées sont de haut rang. Un dossier très complexe digne d’un thriller politique avec ses rivalités, son corbeau, ses calomnies.

Tout est parti de cette société basée au Luxembourg, l’un des principaux organismes européens par lequel banques et institutions financières du monde entier s‘échangent leurs actions et obligations. Au coeur de l’affaire, des courriers et listings comptables de clients de Clearstream manipulés pour y faire apparaître des comptes occultes de personnalités… Comptes par lesquels auraient transité des pots de vins d’un précédent scandale, celui de la vente des frégates françaises à Taïwan. Une vaste affaire impliquant Thomson, Elf, ainsi que le gouvernement francais et sur laquelle enquête depuis 2001 le juge Van Ruymbeke. C’est dans ce contexte qu’en 2004 le magistrat reçoit les fameuses listes d’un corbeau. C’est un auditeur stagiaire, Florian Bourges, employé chez Clearstream, et un journaliste, Denis Robert, qui fournissent les listes à Jean-Louis Gergorin, vice président d’EADS et Imad Lahoud, brillant mathématicien. Les listes sont falsifiées et, mis au courant, le ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin, demande à Gergorin (qui s’avèrera être le corbeau) de les fournir à la justice. Sur ces listes falsifiées, des grands noms d’industriels et de politiques dont celui de Nicolas Sarkozy apparaissent. Ces personnalités auraient touché des pots de vins dans l’affaire des frégates. La question est : Villepin savait il que ces listes étaient fausses? A t-il commandité ces falsifications? C’est ce qu’affirme aujourd’hui ses co-accusés et ce dont il se défend avec virulence. Villepin aurait agi ainsi pour ruiner les chances de son ennemi intime, Sarkozy à la présidentielle de 2007. Dominique Moïsi, analyste politique : “Au delà des détails, qui sont trop complexes pour le commun des mortels, le sujet, c’est surtout la bataille de volonté politique entre deux hommes politiques… Qui va gagner”? Sarkozy a déjà gagné si l’on reste dans cette optique puisque c’est lui qui est élu président en 2007. Villepin, aujourd’hui isolé, a encore tout à perdre. Il pourrait écoper d’une inéligibilité de cinq ou dix ans, ce qui signerait son arrêt de mort politique.