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Sociaux démocrates : des cimes du pouvoir à la déroute historique

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Sociaux démocrates : des cimes du pouvoir à la déroute historique

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1998: le SPD est au sommet. Gerhard Schröder accède à la Chancellerie. Cette victoire de la gauche marque la fin des seize années de pouvoir d’Helmut Khol, et l’arrivée aux affaires d’une nouvelle génération politique qui séduit les Allemands.

11 ans plus tard, le SPD vit une débâcle historique. Hier soir, le candidat du SPD Frank-Walter Steinmeier a reconnu l’amère défaite de son parti. Relégué dans les rangs de l’opposition, Steinmeier compte encore se faire entendre. Ce ne sera qu’en tant que futur leader du groupe parlementaire SPD au Bundestag. Comment les Sociaux-démocrates en sont-ils arrivés là? Depuis 1998, le “Volkspartei”, le grand parti populaire allemand, a progressivement perdu la confiance de ses électeurs, une véritable hémorragie jusqu‘à ce score humiliant d’hier. Cette claque électorale vient sanctionner quatre ans d’alliance contre-nature avec la CDU. Une grande coalition qui a su grignoter l‘électorat de centre-droit des sociaux-démocrates. Une grande coalition, ou le parti, déjà en pleine crise idéologique n’a fait que perdre un peu plus ses contours. Cette crise, quelqu’un l’a dénoncé très tôt, c’est Oskar Lafontaine. Ancien patron du SPD, ministre des Finances sous Gerhardt Schröder, il rejette la Realpolitik de l’ancien chancelier, et finit par claquer la porte, du gouvernement, puis du parti. Opposé au recentrage des Sociaux-démocrates, c’est lui qui va orchestrer la naissance de la gauche radicale entre 2005 et 2007. Fusion d’un mastodonte néocommuniste de l’est, le PDS, et d’un petit parti radical de l’ouest, aujourd’hui Die Linke s’est imposé pour de bon dans le paysage politique. Plus attrayant pour les jeunes, les néocommunistes d’ex-RDA et les socialistes déçus, Die Linke a remis au goût du jour les thèmes identitaires de la gauche. Grignoté à droite par la CDU, à gauche par Die Linke, le SPD doit désormais se trouver une nouvelle identité, un nouveau souffle, et un nouvel électorat…