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Dossier nucléaire iranien : dialogue de sourds à la réunion de Genève?

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Dossier nucléaire iranien : dialogue de sourds à la réunion de Genève?

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La révélation de l’existence d’un second site d’enrichissement de l’uranium en Iran, et les tirs de missiles longue portée ont provoqué un tollé international à l’aube de l’ouverture de la réunion de Genève censée relancer les négociations. Provocation crient les Occidentaux. Stratégie classique, selon cet expert américain Joseph Cirincione, qui est par ailleurs membre du Council on Foreign Relation, une institution qui conseille le département d‘état. “Parfois des pays comme l’Iran et la Corée du Nord font ce type de démonstration de force macho, principalement pour des raisons de politique intérieure, avant de faire une concession. Le président iranien Ahmadinejad est dans une position difficile : pression internationale, pression nationale. D’une certaine façon, il n’a pas beaucoup de choix, il devra faire des concessions”.

La révélation du site de Qom la semaine dernière alors qu’il est en construction depuis des mois a conforté les soupçons des Occidentaux sur le caractère militaire du programme nucléaire iranien. Ils ont durci le ton. “Il faudra que les Iraniens soient francs et il faudra qu’il fassent un choix, déclarait Barack Obama. Veulent-ils renoncer à l’acquisition d’armes nucléaires ou continuer à prendre un chemin qui mène à la confrontation?” Le groupe des 5+1 vient à Genève avec des propositions d’apaisement et une condition sine qua non: la suspension de l’enrichissement d’uranium, lequel pouvant servir aussi bien à des fins civiles qu‘à fabriquer l’arme atomique. Et c’est une condition que l’Iran refuse catégoriquement de remplir. Téhéran veut discuter de son paquet de propositions présenté à l’Onu la semaine dernière. Le président iranien a souligné l’engagement de l’Iran dans la lutte pour une paix durable et a appelé à “l‘éradication de la course aux armements, à l‘élimination de toutes les armes nucléaires, chimiques et biologiques, afin que toutes les nations puissent un jour avoir accès à des technologies avancées et pacifiques». Le credo d’Ahmadinejad: “l‘énergie nucléaire est pour tous et la bombe atomique n’est pour personne”, ce qui bien sûr ne trouve aucun écho à Washington. Et l’Iran de rajouter que l’AIEA n’avait jamais été en mesure de conclure à l’existence d’un programme nucléaire militaire. La réunion à Genève s’annonce peu fructueuse.