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Quelle stratégie pour les Occidentaux en Afghanistan ?

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Quelle stratégie pour les Occidentaux en Afghanistan ?

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La question se fait de plus en plus pressante des deux côtés de l’Atlantique, alors que l’impopularité de cet engagement militaire vieux de huit ans va croissant.

Pour Barack Obama, il est impératif de rallier les Européens à l’idée d’un renforcement de la présence militaire sur le terrain. Un message clairement transmis le week-end dernier au nouveau secrétaire général de l’Otan, le danois Anders Fogh Rasmussen. Les Européens constituent en effet la majorité des 28 Etats membres de l’Alliance atlantique. “Ce n’est pas une bataille américaine. C’est aussi une mission de l’OTAN, a déclaré le Président américain. Et nous prenons soin, de façon active et avec diligence, de consulter l’OTAN à chaque étape du processus.” Anders Fogh Rasmussen a certes admis qu’il fallait faire plus. Mais il a rappelé à Washington le lourd tribu payé par les alliés en Afghanistan. D’où la proposition des ministres européens de la défense : réticents à l’envoi de renforts militaires en Afghanistan, ils préconisent de concentrer les moyens occidentaux sur la formation des forces de sécurité afghanes. A l’heure actuelle, 68 000 soldats américains sont engagés en Afghanistan et 35 000 d’autres pays, Européens pour la plupart. Les généraux américains réclament jusqu’a 40 000 hommes supplémentaires. Les Européens eux, voudraient former 130 000 soldats et 80 000 policiers afghans, ce qui nécessiterait l’envoi de 17 000 instructeurs. Il semble donc peu probable que les Européens soutiennent l’envoi de troupes supplémentaires, à moins qu’elles ne soient dédiées à un projet d’entraînement précis des forces afghanes. A l’origine de la demande de renfort de troupes, le général américain McChrystal, à la tête des forces occidentales en Afghanistan, insiste lui sur l’urgence. “Il nous faut renverser la tendance actuelle et le temps joue contre nous, a-t-il lancé récemment. Attendre ne débouchera pas sur une issue favorable. Nous ne pourrons pas obtenir des renforts indéfiniment. Le soutien de l’opinion publique ne durera pas indéfiniment.” Selon le général McChrystal, le succès de la mission en Afghanistan dépend de ces renforts car les soldats sur le terrain sont en danger. De quoi augmenter la pression sur Barack Obama. La stratégie afghane pourrait bien constituer une des décisions les plus difficiles de sa présidence.