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Quelle stratégie en Afghanistan, le dilemme américain

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Quelle stratégie en Afghanistan, le dilemme américain

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Voir de nouveaux cercueils de soldats américains rapatriés d’Afghanistan. C’est un risque que 65% des Américains se disent prêts à prendre pour éliminer la menace terroriste venue de ce pays. Mais après les huit morts du week-end dernier, les Américains ne sont en revanche que 38% à se prononcer pour l’envoi de renforts, comme le réclame le général McChrystal, le chef des troupes américaines et de l’OTAN en Afghanistan.

McChrystal a porté le débat sur la place publique il y a une semaine, en réclamant jusqu‘à 40.000 hommes supplémentaires : “Nous devons inverser la tendance actuelle et le temps est compté. Attendre ne contribue pas à un dénouement positif.” Voilà le dilemme stratégique posé : poursuivre la guerre en Afghanistan, oui, mais comment et avec quels moyens ? L‘état-major de l’armée veut associer renforts et actions destinées à gagner la confiance des Afghans. Le vice-président Joe Biden défend lui, une stratégie d’attaques ciblées ciblées sur Al Qaeda, y compris au Pakistan. En quête de la bonne décision, le président Obama a reçu à la Maison Blanche les chefs de file des Républicains et des Démocrates, fidèles à leurs clivages sur ce dossier plus que tout autre. Pour le sénateur républicain John McCain, c’est tout vu : “Je suis fermement convaincu que l’analyse du général McChrystal est non seulement correcte, mais qu’elle devrait être mise en oeuvre le plus vite possible. Ce sont une stratégie et des ressources qu’ils jugent nécessaires pour réussir. La décision finale revient au président, mais je pense que leur recommandation devrait avoir la considération qu’elle mérite compte-tenu de leurs succès et de leur leadership par le passé.” Risquer l’escalade malgré le spectre du bourbier irakien. Le président américain compte y réfléchir à deux fois, mais une chose est sûre : Al Qaeda est et restera la cible numéro un : “Cela doit être clair. Les Etats-Unis et nos partenaires ont envoyé un message sans équivoque : nous ciblerons Al Qaeda où qu’il s’installe. Nous ne renoncerons pas dans notre traque. Et nous développons la capacité et la coopération nécessaires pour priver de refuge tous ceux qui menacent l’Amérique et ses alliés.” Malgré ce discours qui n’est pas sans rappeler son prédécesseur, Barack Obama pourrait opter pour une solution intermédiaire : quelques renforts et une campagne ciblée contre les islamistes. Signe de la crainte qu’inspire cette décision, le secrétaire à la défense lui-même reste indécis.