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"Il faut rétablir l’ordre et le respect des lois dans notre pays"

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"Il faut rétablir l’ordre et le respect des lois dans notre pays"

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A trois mois de l‘élection présidentielle en Urkraine, euronews a rencontré, à Yalta, Viktor Ianoukovitch, le candidat pro-russe du Parti des Régions. Viktor Ianoukovitch a été Premier ministre à deux reprises, et il s‘était présenté à la présidentielle de 2004. A l‘époque, l’annonce de sa victoire avait été contestée par le camp de Viktor Iouchtchenko, menant à la Révolution Orange. Près de 30% des électeurs seraient actuellement prêts à voter pour lui.

euronews : Viktor Ianoukovitch, si l’on en croit les sondages, vous serez au second tour de l‘élection présidentielle avec Ioulia Timochenko. Selon vous, qu’est-ce qui séduit les électeurs dans votre programme ? Viktor Ianukovitch : “bien entendu, tout d’abord je devrai réaliser ce programme de réformes structurelles que j’avais déjà préparé en 2007. Maintenant, je compte réaliser ce programme – modernisé et adapté à la crise actuelle – d’une manière tout à fait cohérente et responsable. Une attention particulière sera portée au secteur de l‘énergie, qui a besoin de technologies plus économes. Le système de protection sociale va lui aussi trouver une place appropriée dans mon programme. Il faut aussi moderniser ou libéraliser le système fiscal. L’Ukraine n’a pas encore réalisé de réforme fiscale. euronews : ces dernières années, la politique ukrainienne a ressemblé à “la guerre de tous contre tous”. Si vous gagnez les élections, comment pensez-vous rétablir la stabilité dans la société et dans la vie politique ? Viktor Ianoukovitch : tout d’abord, il faut rétablir l’ordre et le respect des lois dans notre pays. Cinq ans de gouvernement arbitraire en Ukraine font que l’appareil d’Etat est pratiquement détruit aujourd’hui. Il faut commencer ce rétablissement de l’ordre par une réforme du système judiciaire, par la lutte contre la corruption : les services chargés de l’ordre doivent défendre les droits et les libertés des citoyens. L’attitude du pouvoir actuel est inacceptable, puisque ce pouvoir – dans sa politique intérieure et extérieure – n’a pratiquement jamais respecté le point de vue des citoyens ukrainiens. C’est pour cela qu’aujourd’hui le niveau de confiance des Ukrainiens vis-à-vis du pouvoir est au plus bas : celui du président ne dépasse pas 15%, celui du Premier ministre 20%. euronews: si vous êtes élu, quel sera la politique étrangère de l’Ukraine ? Viktor Ianoukovitch : la politique étrangère de l’Ukraine sera équilibrée. L’Ukraine est prête aujourd’hui à participer activement, à prendre une position déterminée dans l’élaboration du Système européen de défense et sécurité collective. L’Ukraine trouvera sa place dans tous ces dossiers en tant qu’Etat neutre. Et aujourd’hui, tout en collaborant avec l’OTAN, en menant une politique bien pondérée vis-à-vis de l’Alliance atlantique, l’Ukraine ne va pas s’opposer mais au contraire sera en posture de soutenir ce système de défense collective auquel vont participer l’Union européenne, l’OTAN, et la Russie. euronews: vous avez declaré récemment que les relations de l’Ukraine avec la Russie dans le domaine du gaz doivent être construites “selon les règles du marché”, et entre “partenaires égaux”. C’est là, selon vous, que se trouve la clé de la prévention des conflits ? Viktor Ianoukovitch : les relations dans le domaine du gaz ont toujours été l’objet de négociations intenses entre l’Ukraine et la Russie. Cette base contractuelle a été créée par de nombreux gouvernements des deux pays, ainsi que par de nombreux présidents des deux côtés. Elle a été détruite de facto pendent les cinq dernières années. Si on me demande comment je vais modifier ces relations, je dirais que nous devons soulever non seulement ce problème, mais toute la “strate” de questions problématiques et épineuses dont nous avons héritées depuis cinq ans dans les relations russo-ukrainiennes. En considérant toutes ces questions, je suis persuadé, que nous trouverons des solutions mutuellement acceptables dans tous les domaines, y compris celui du gaz. euronews: pour octroyer un crédit à l’Ukraine, le FMI avait posé comme condition que les prix du gaz augmentent. Mais la tentative du gouvernement a rencontré une résistance des syndicats qui ont bloqué cette initiative. Est-il possible aujourd’hui de réformer l’économie ukrainienne ? Viktor Ianoukovitch : le pouvoir en place suit une certaine logique, il veut résoudre les problèmes un par un. C’est contraire aux principes de conception d’un système économique efficace. Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin d’une approche systémique, pragmatique et professionnelle, nous avons besoin que toutes les branches du pouvoir soient réunies. L’Ukraine est perdante aujourd’hui parce que, dans la situation politique actuelle, elle ne peut pas agir efficacement dans le domaine économique. Nous voyons bien que le pouvoir en place n’agit pas de manière coordonnée : le président “tire” dans un sens, le Premier ministre dans un autre. Au parlement, il n’y a pas de majorité efficace et stable qui pourrait appuyer les décisions de l’éxécutif. Cete crise ne prendra fin, à mon avis, qu’après l‘élection présidentielle.