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Percée du nationalisme à Genève

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Percée du nationalisme à Genève

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Chaque jour, 60 000 Français passent la frontière pour aller travailler à Genève.

Cette migration quotidienne est devenue le grand enjeu politique des élections cantonales d’hier, dimanche, dans la ville suisse, qui accuse un taux de chômage de 7% contre moins de 4 % pour l’ensemble du pays. Pendant la campagne, l’UDC, le parti de droite xénophobe a fait scandale en qualifiant de “racaille” les travailleurs venus de la ville française d’Annemasse. Ce thème a également fait le jeu du jeune Mouvement Citoyen Genevois qui a doublé son score en quatre ans. “Pour un parti qui a 5 ans d’existence à peine, c’est une progression jamais vue dans l’histoire politique genevoise et c’est une réponse que le peuple a voulu donner, je pense, à l’ensemble de la classe politique,” s’enthousiasme Eric Stauffer, président du MCG. Hier, le MCG est arrivé deuxième à égalité avec les Verts. Il disposera de 17 sièges au parlement cantonal, deux de moins seulement que la première force politique du canton, le parti libéral. Créé par un dissident de l’UDC, le MCG ne se réclame ni de droite ni de gauche. Pour les médias suisses, la raison de son succès ne fait aucun doute. “Son slogan anti-frontalier a fait mouche, même si les chiffres dans la réalité le contredisent, a notamment commenté Françoise Chuard, journaliste suisse. Il y a à Genève 265 000 emplois, alors que la population active de Genève n’est que de 220 000 personnes.” Le discours du MCG inquiète. Surtout les partis traditionnels qui voient leur électorat se disperser. Ainsi, si le parti libéral est arrivé en tête, c’est sur un score en repli par rapport à 2005. “On voit l‘émergence d’un discours de type fasciste, note le libéral Renaud Gautier. Il faut quand même préciser le discours du MCG, trouve ses sources dans les discours italiens des années 20 et allemands des années 25.” Depuis Annemasse, le Groupement transfrontalier européen, qui défend les intérêts des travailleurs frontaliers, relativise. Par le passé, les poussées nationalistes sont toujours retombées d’elles mêmes à Genève.