DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Le Vatican rend hommage à Galilée

Vous lisez:

Le Vatican rend hommage à Galilée

Taille du texte Aa Aa

Galilée doit en jubiler dans sa tombe. Son détracteur d’hier, le Vatican, lui a réservé la place d’honneur de l’exposition Astrum 2009, organisée dans le cadre de l’année internationale de l’astronomie.

Une exposition mise au point dans les musées du Vatican en partenariat avec l’Institut national italien d’astrophysique dans l’idée de retracer l’histoire de l’astronomie à travers les instruments élaborés par l’homme au fil du temps. Ainsi, au détour des galeries, des représentations du zodiaque datant du troisième siècle de notre ère cotoient les tout derniers télescopes utilisés de nos jours. Un espace est spécialement consacré aux instruments utilisés par Galilée. Parmi eux, le télescope rudimentaire avec lequel le physicien a réalisé ses premières observations du ciel, il y a tout juste 400 ans. L’amorce d’un tournant dans l’histoire de l’astronomie. L’astrophysicienne française Catherine Cesarsky s’enthousiasme : “c’est formidable de penser que Galilée, avec un petit téléscope, grand comme ça, déjà pouvait faire des découvertes aussi importantes que les lunes de Jupiter, qui ont permis d’avoir une vision en miniature du système solaire, et de comprendre donc que Copernic avait raison, et que le soleil était au centre et que c’est la terre qui tournait autour.” Une vision héliocentrique décrétée hérétique en 1633 par l’Eglise catholique qui avait obligé Galilée à se déjuger et l’avait condamné à la prison à vie. Ce n’est qu’en 1992 que le pape Jean-Paul II avait qualifié ce verdict d’erreur résultant d’une “tragique incompréhension mutuelle”. Le président du conseil pontifical de la culture, l’archevêque Gianfranco Ravasi, a profité de l’exposition pour louer la capacité de l’Eglise à reconnaître ses erreurs. “Nous devrions nous pencher sur le passé et considérer le tribunal de l’histoire comme partie intégrante du dialogue entre la foi et la science. Ce n’est pas seulement juste. Je pense que nous devrions avoir le courage d’admettre les possibles erreurs commises par les deux parties. Mais il est aussi nécessaire de regarder devant nous vers le futur,” a-t-il déclaré à l’occasion de l’inauguration de l’exposition. Le Vatican s’est plié en quatre pour alimenter cette exposition : ainsi, nombre d’objets proviennent de l’observatoire pontifical, mais aussi de la bibliothèque apostolique. D’autres ont été prêtés par des collectionneurs privés. Objet phare de Astrum 2009, le manuscrit original de “Sidereus Nuncius”, un document dans lequel Galilée en personne a consigné ses premières découvertes en 1610, sur la base de ses observations au télescope. L’histoire de l’astronomie et le tournant galiléen sont à découvrir jusqu‘à la mi-janvier, au Vatican.