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Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes: "Je vois ma nomination comme un geste envers la femme mauritanienne."

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Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes: "Je vois ma nomination comme un geste envers la femme mauritanienne."

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Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes est la ministre mauritanienne des Affaires étrangères. Elle a été nommée en août dernier, suite à l‘élection présidentielle qui a avalisé le coup d’Etat du général Mohamed Ould Abdelaziz. Alnaha Bint Meknes est la fille d’un célèbre ministre des affaires étrangères, en poste dans les années 70. Riad Muasses, d’euronews est allé à sa rencontre, à Nouakchott.

Euronews : Madame la ministre, vous faites partie du premier gouvernement du président Ould Abdelaziz. Vous êtes à la tête du ministère des Affaires étrangères, et vous êtes la première femme arabe à occuper ce poste. Quels seront les grands traits de la politique étrangère du nouveau président ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : Dans son discours d’investiture, juste après les élections présidentielles, Mohamed Ould Abdelaziz a souligné que la politique étrangère servira les intérêts de la Mauritanie et du peuple mauritanien. Nous allons travailler pour que notre diplomatie soit une diplomatie productive, une diplomatie de développement. La politique étrangère mauritanienne sera définie à la lumière des besoins et des intérêts du peuple mauritanien. Euronews : Madame la ministre, le président Ould Abdelaziz s’est rendu au Venezuela, et il a de bonnes relations avec Hugo Chavez, avec Mouammar Kadhafi en Libye ou encore avec l’Iran. Y aura-t-il de nouvelles orientations dans la diplomatie mauritanienne ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : A partir d’aujourd’hui, les relations avec les pays frères et amis seront fondées sur le respect mutuel avant toute chose. Elles seront basées sur le respect de la souveraineté de l’Etat mauritanien ainsi que sur les intérêts du peuple mauritanien. Tous les frères et les amis qui seront prêts à travailler avec nous en respectant ces principes seront les bienvenus, et nous serons ouverts à toute collaboration avec les pays qui sauront respecter notre souveraineté. Euronews : Nous savons, madame la ministre, que le chef de l’Etat se rend en France ce lundi 26 octobre pour une visite de travail. Quels sont les points essentiels des discussions avec le président français Nicolas Sarkozy ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : Plusieurs dossiers seront évoqués durant cette rencontre. Il y a des dossiers prioritaires pour le président, qui s’est engagé à mener les réformes nécessaires tels que le secteur de la santé, l’éducation, les infrastructures et la sécurité pour les Mauritaniens, et aussi celle des étrangers vivant en Mauritanie. Euronews : Est-ce que vous voulez dire que la France pourrait apporter des aides à la Mauritanie dans le domaine de la formation militaire ? Ou bien s’agit-il d’aides directes pour rétablir la sécurité dans le pays ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : Il y aura de la place pour tous ceux qui voudront aider l’Etat mauritanien à améliorer le niveau de vie de ses citoyens. Euronews : La France a-t-elle déjà exprimé sa volonté d’apporter une telle aide ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : Nous sommes prêts à travailler avec tous les pays qui expriment leur volonté de collaborer avec la Mauritanie. Euronews : Nous savons que la Mauritanie a connu des attentats terroristes ces derniers temps. Y a-t-il une sorte de forme de coopération entre la Mauritanie et la France dans ce domaine spécifiquement ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : Je voudrais attirer l’attention d’abord sur le fait qu’il n’ y a pas de bases d’entraînement de terroristes sur le sol mauritanien ; il n’y a pas non plus de cellules terroristes. En revanche, il y a des personnes qui s’infiltrent en provenance des pays limitrophes, et nous nous efforçons de mettre un terme à ce phénomène dangereux. Nous sommes prêts à coopérer avec tous les Etats qui veulent aider la Mauritanie et les pays concernés pour garantir la sécurité de tous les ressortisants. Euronews : Après la guerre de Gaza, le président mauritanien a fermé l’ambassade israélienne à Nouakchott. Avez-vous l’intention de la rouvrir ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : La priorité du gouvernent et du président mauritanien est l’amélioration de niveau de vie de nos concitoyens. Les autres dossiers seront traités au moment opportun. Euronews : La Mauritanie est un point de passage pour l’immigration clandestine vers l’Europe. Cette question préoccupe beaucoup les Européens, notamment les Français et les Espagnols. On sait par ailleurs que l’Italie a signé des conventions avec la Libye, sur ce sujet. Alors, la Mauritanie a-t-elle des conventions avec l’Europe ou fait-elle des efforts pour contenir cette immigration clandestine ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : Même s’il y a des conventions avec des pays pour contenir le phénomène de l’immigration clandestine, je pense que la solution à ce problème est de lutter contre la pauvreté et l’ignorance. S’il y a de réels efforts dans la lutte contre la pauvreté, alors nous sommes sûrs que l’immigration clandestine diminuera un jour. Euronews : Une dernière question qui vous concerne personnellement : vous êtes la première femme dans le monde arabe, à être ministre des Affaires étrangères. La Mauritanie est pionnière dans ce domaine. Pensez-vous que votre nomination répond à la volonté du chef de l’Etat d’oeuvrer à l‘émancipation de la femme mauritanienne, ou bien est-ce parce votre père a occupé le poste de chef de la diplomatie pendant longtemps ? Alnaha Bint Djaddi Oueld Meknes : Je suis fière du parcours politique qu’a effectué mon père pour le bien du pays, et je vois ma nomination comme un geste envers la femme mauritanienne afin de l’intégrer dans la société. Je rappelle que les femmes constituent environ 52% de la population totale du pays.