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Les points de convergence entre l'Iran et la Turquie

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Les points de convergence entre l'Iran et la Turquie

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En Août 2008, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad était invité par son homologue turc Adbullah Gül. Depuis, la Turquie affiche clairement son ambition de devenir médiateur dans le dossier du nucléaire iranien et de renforcer les relations entre les deux pays.

En mars dernier, Abdullah Gül se rendait à son tour en Iran pour donner un coup de fouet à la coopération économique entre Téhéran et Ankara. Plus tard, en juin, lorsque Mahmoud Ahmadinejad a été réélu, les dirigeants turcs ont été les premiers à le féliciter, et ce, en dépit des manifestations populaires et des protestations internationales. Ce rapprochement n’a échappé à personne. Dernière illustration en date, les propos tenus par le Premier ministre turc, ce lundi dans le quotidien britannique The Guardian. Recep Tayyip Erdogan estime “injuste”, la manière avec laquelle Teheran est traitée au regard de son programme nucléaire. Il qualifie Ahmadinejad d’“ami” avec lequel il entretient de “très bonnes relations”. Au coeur de ce rapprochement, amorcé à la fin des années 90, de nombreux intérêts communs, notamment dans le domaine économique. La Turquie a besoin du gaz iranien pour sa propre consommation, et pour conforter sa position stratégique de voie d’acheminement vers l’Europe. Pour sa part, l’Iran doit impérativement exporter sa production pour assurer sa survie. Actuellement, les échanges commerciaux entre Ankara et Téhéran s‘élèvent à plus de six milliards d’euros par an. Les deux pays ont la volonté de doubler ce chiffre d’ici à deux ans. Autre point de convergence entre Téhéran et Ankara : la question kurde et, par extension, le dossier irakien. Aucun des deux pays ne veut entendre parler d’un Kurdistan indépendant ou d’une partition de l’Irak. L’Iran et la Turquie ont longtemps été “ni amis, ni ennemis”, ayant des positions stratégiques divergentes. Ainsi, depuis 1952, la Turquie est membre de l’OTAN et entretient des relations étroites avec les Etats-Unis et Israël. Mais aujourd’hui, Ankara semble vouloir s‘émanciper de l’influence occidentale. Pour preuve : sa décision d’exclure Israel de manoeuvres militaires prévues sur son sol, et ce, en représaille à l’offensive sur Gaza. Une sorte de réorientation dont le voisin iranien compte bien tirer profit.