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La chute du Mur de Berlin : liesse et amertume

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La chute du Mur de Berlin : liesse et amertume

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Vingt ans ont passé depuis ces images cultes. D’abord dans la liesse et l’euphorie, la réunification des allemands s’est ensuite faite parfois dans la douleur, l’incompréhension et l’amertume. Egon Krenz dernier dirigeant de la RDA a passé 6 ans en prison pour le meurtre de quatre personnes qui avaient tenté de franchir le mur… Et 20 ans après sa vision de l’histoire n’a guère changée.

“Après 20 ans, les gens qui ont vécu à l’Est peuvent faire des comparaisons. A L’Est nous avions réussi des choses que nous aimerions bien avoir aujourd’hui en Allemagne. Du travail pour tous, un bon systeme éducatif de la maternelle à l’université, et l‘égalité des chances, car être riche ou pauvre n’avait aucune importance pour votre carrière.” Une opinion aujourd’hui encore partagée par nombre d’Est Allemands, qui se sentent comme des citoyens de seconde zone. Pour Hans Dietrich Gensher, ancien chef de la diplomatie du chancelier Helmut Kohl, ce sentiment est naturel car au regard de l’histoire, 20 ans est une très courte période. “Le processus de réunification doit s’effectuer sur une très longue période. Vous ne pouvez pas effacer 40 ans de socialisme en une seule nuit, corriger toutes les erreurs commises. Alors oui, il y a des gens mécontents et déçus, mais malgré tout le processus a beaucoup avancé.” Cette ferveur de novembre 1989 a fini par s’estomper dans les années 90, tout au long d’un processus d’unification douloureux pour certains. Et aujourd’hui encore selon un sondage, 10% des Allemands voudraient revenir en arrière. Ils déplorent un taux de chômage plus haut et un exode important vers l’Ouest. “Vous savez, et c’est mon opinion la plus profonde, L’Allemagne est socialement et mentalement toute aussi divisée qu’il y a 20 ans… l’ancienne frontière entre l’Est et L’Ouest est finalement toujours présente.” “Bien sûr c’est une question de générations. J’ai toujours lu ou entendu que les gens les plus jeunes ont l’avenir devant leur yeux. Les divisions et les divergences des générations qui les précèdent, n’ont aucune importance pour eux.” Les jeunes allemands ont donc l’avenir de leur pays entre leurs mains. A eux de construire une Allemagne où l’on ne parlera plus d’Est et d’Ouest.

A propos du Mur de Berlin : fr.euronews.net/1989-2009