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Le long chemin de la réconciliation franco-allemande

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Le long chemin de la réconciliation franco-allemande

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Ce sont des chiffres qui donnent le vertige. Lors de cette première guerre mondiale, 60 millions de soldats sont mobilisés. Elle fera plus de 18 millions de morts et 20 millions d’invalides. Un massacre qui a surtout pour décor la France, principal champ de bataille.

Ce conflit, issu d’une rivalité ancienne entre les puissances européennes, ne sera pas réglé par le traité de Versailles, en 1919. Les dures conditions imposées à l’Allemagne vont favoriser au contraire l‘émergence du nazisme. Malgré une seconde guerre mondiale, et les blessures profondes qui subsistent en France et en Allemagne, un rapprochement spectaculaire entre les deux anciens ennemis va avoir lieu en 1962. Konrad Adenauer, chancelier de la RFA, rencontre le général de Gaulle. Autre geste fort de la réconciliation franco-allemande. Nous sommes en 1984. Main dans la main, le Français François Mitterand et l’Allemand Helmut Kohl sont ensemble à Verdun, haut lieu d’une bataille sanglante qui dura de février à décembre 1916. “C‘était spontané, nous ne nous étions pas accordé à l’avance pour nous donner la main, raconte Helmut Kohl des années plus tard. Mitterand était le plus âgé, il a fait le premier pas, et cela a été pour nous deux, pour des raisons différentes et parce que nous ne sommes pas de la même génération, un des moments les plus émouvants de notre vie.” En 1998, Jacques Chirac veut inviter pour la première fois un dirigeant allemand aux cérémonies du 11 novembre. Mais le chancelier Schroëder, fraichement élu, refuse. C’est trop tôt pour lui. La cérémonie est encore celle de la victoire de la France et du Royaume-Uni. Aujourd’hui, la disparition du dernier poilu français a changé la donne.