DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

L'Australie, victime des aléas climatiques

Vous lisez:

L'Australie, victime des aléas climatiques

Taille du texte Aa Aa

Des images impressionnantes de Sydney, rougie par le sable. Au mois de septembre, une immense tempête a envahi le poumon économique de l’Australie, du jamais vu. Un mois plus tard, ce sont les flammes qui ravagent le Queensland, au nord-est du pays. A Mont Archer, l‘état d’urgence est déclenché, les autorités veulent éviter une nouvelle tragédie. En février, 173 personnes étaient décédées dans des feux de bush et de forêts. Des incendies récurrents en Australie, qui se combinent désormais à la sécheresse : “The Big dry” comme on l’appelle ici. Car, depuis 2001, la pluie est extrêmement rare. L’exploitation intensive a connu un coup d’arrêt : 10000 agriculteurs auraient mis la clé sous la porte. “The Big Dry” aurait également amputé l‘économie australienne de 12 milliards d’euros.

“Il devrait y avoir un mètre et demi d’eau ici, on ne devrait pas rouler ici, c’est fou, et en plus tout le monde s’en moque”, explique Lesley Fischer, au volant de son quad. Partout les même images : celles d’une terre vidée, creusée, là où s‘étendaient des lacs. C’est une sécheresse sans précédent qui touche le pays, de mémoire de colons. C’est dans ce climat que Kevin Rudd a été élu en 2007. Il avait fait de la lutte contre le changement climatique la priorité de sa campagne. A peine investi Premier ministre, il ratifie donc le protocole de Kyoto. L’Australie a émis plus de 550 millions de tonnes de gaz à effet de serre en 2008, soit 1,5% des émissions mondiales. Mais, rapportés au nombre d’habitants, le compteur s’affole : plus de 28 tonnes par Australien, c’est 5 fois plus qu’en Chine, ce qui vaut au continent d‘être le plus mauvais élève parmi les pays industrialisés. Une pollution liée avant tout à l’exploitation du charbon. Premier exportateur au monde, le pays utilise cette énergie fossile pour produire 84% de ses besoins en éléctricité. Le gouvernement travailliste voulait donc réduire les émissions de carbone de 5% à 25% d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 2000. Une fourchette large, mais rejetée une nouvelle fois par l’opposition au Sénat cette semaine. Les conservateurs n’ont pas caché leur ambition de torpiller ce projet, refusant de faire payer aux pollueurs leurs tonnes de CO2. A l’autre bout de l‘échiquier politique, les écologistes ne sont pas convaincus, jugeant le texte trop timoré. Autant dire que la position australienne est loin d‘être claire à quelques jours du sommet de Copenhague.