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Africités, le congrès des collectivités locales africaines

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Africités, le congrès des collectivités locales africaines

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Si l’on connaît l’Afrique des Etats, on connaît moins celle des collectivités locales. C’est justement pour se faire connaître que ces collectivités organisent tous les trois ans, un congrès, Africités, et ce depuis 1998. La cinquième édition vient de se tenir à Marrakech au Maroc. Des milliers de responsables locaux se sont ainsi retrouvés pour partager leurs expériences.

Au départ, il y a un constat, formulé par Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de l’organisation Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLUA). “Lorsque la Banque mondiale et le FMI viennent dans un pays, ils ne connaissent qu’un ou deux sites de ce pays. Ils connaissent généralement le ministère des Finances, parce que c’est là qu’on gère la balance des paiements, et le port, parce que c’est là qu’on gère la balance commerciale. Pendant vingt ans, toute l’administration était tendue vers la réponse aux rendez-vous de la Banque mondiale et de FMI. Il n’est donc pas étonnant que l’intérêt soit porté non pas sur la capitale mais sur l‘îlot dans lequel se trouve le ministère des Finances et sur l’aire du port, quand il y en a un. Donc, conclut-il, il faut refonder nos Etats sur la base des collectivités locales”.

Cette édition d’Africités a été l’occasion de récompenser certaines initiatives locales. Les prix sont remis par l’ONG belge Echos communication qui coorganise le sommet. “C’est une manière de valoriser les créateurs de richesse et d’espoir africains, explique François Milis, secrétaire général d’Echos Communication. Ces personnes pourront ainsi servir de modèles pour d’autres Africains. Cela permettra aussi de changer un peu l’image de l’Afrique, de manière plus positive et moins stéréotypée, en Europe”.

Mustafa Maataoui est Marocain. Il est le maire de la commune de Sidi Boumehdi. A l’origine, cette commune était défavorisée. Aujourd’hui, elle dispose d’une route, d’un accès à l’eau et à l‘électricité. “L’eau potable elle va être utilisée pour la maison, précise Mustafa Maataoui. Les puits que les gens utilisaient auparavant pour boire, ils vont les utiliser maintenant pour produire l’alimentation. Donc c’est une réponse un peu à la crise. Et là on développe cette option dans le cadre du slow-food et essayer de produire vraiment du biologique, du naturel”.

Serge Vyisinubusa, lui, est Burundais. Dans sa localité de Songa, il a construit un barrage pour alimenter une micro-centrale électrique et il ne compte pas s’arrêter là. “Le gouvernement (du Burundi) a fait appel à moi, affirme-t-il. J’ai créé une société anonyme avec des ingénieurs chinois et des ingénieurs burundais. On est en train de faire des études là où il est possible d’aménager des sources. On vient de terminer une étude de sept micro-centrales qui seront construites l’année prochaine, c’est-à-dire là où c’est techniquement possible dans notre pays où dans la sous-région. En Afrique, il y a moyen de le faire parce qu’on a un déficit de courant électrique et d‘énergie, et nous avons pourtant beaucoup de potentialités”.

Ces initiatives ont été valorisées lors de ce sommet Africités, des initiatives locales mais elles s’inscrivent dans un cadre beaucoup plus large, celui d’une Afrique redessinée, celui de l’Afrique des peuples.