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Les cicatrices du goulag toujours visibles dans la steppe kazakhe

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Les cicatrices du goulag toujours visibles dans la steppe kazakhe

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La steppe kazakhe est un vaste cimetière pour les habitants de Dolinka. Des centaines d’enfants morts dans le goulag de Karanga sont enterrés là.
 
Sous Staline, le Kazakhstan a été un lieu de déportation pour les populations soviétiques soupçonnées de collusion avec l’ennemi nazi. Le même sort était réservé aux opposants au régime. Nombre de victimes estimé entre 1930 et 1960: un million et demi à 20 millions de personnes.
 
L’ancien centre administratif du goulag de Karaganda est aujourd’hui un musée. Mais le travail de mémoire reste difficile.
 
“Je ne dirais pas que c’est un sujet tabou, mais on n’en parle pas beaucoup, malgré tout l’importance historique que cela peut avoir”, explique Achim Schmillen, chercheur.
 
Depuis son indépendance en 1991, le Kazakhstan essaye de maintenir de bonnes relations avec Moscou. Certains déplorent qu’Astana ne déploie pas les même efforts pour entretenir le devoir de mémoire. D’autant plus regrettable qu’en Russie, selon un sondage réalisé l’année dernière, Staline est arrivé en troisième position des personnages historiques les plus populaires.
 
“La situation politique actuelle en Russie, la lente, rampante réhabilitation de Staline, la promotion de son nom, cette volonté permanente de gouverner d’une main de fer, cette volonté d’ordre, tout ça est très inquiétant parce que gouverner d’une main de fer ne veut jamais dire liberté”, analyse Yekaterina Kuznetsova, journaliste et chercheuse sur l’histoire des goulags.
 
Près de Dolinka, dans un parc publique de Karaganda, il y a bien un mémorial discret à la mémoire des victimes des goulags.

Insuffisant pour Mikhail Shmulyov. Ce survivant du camp de Dolinka a construit son propre mémorial dans son jardin: “Le 1er mai, les gens défilent avec des portraits de Staline et Lénine, les jeunes marchent avec eux. C’est choquant. Ils doivent savoir, nous devons leur dire qui étaient réellement ces gens”.
 
Il y a quelques semaines, le président russe Dmitri Medevdev rendait hommage à toutes les victimes du stalinisme en déclarant que rien ne pouvait justifier les répressions. Mais les démonstrations pro-staliniennes restent d’actualité. La dernière en date lundi, place Rouge à Moscou, a marqué le 130e anniversaire de la naissance de Staline.