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Le Fatah, de la lutte armée à la voie diplomatique

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Le Fatah, de la lutte armée à la voie diplomatique

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Le premier janvier 2010 marque le 45è anniversaire du lancement par le Fatah, ou “Mouvement de libération de la Palestine”, de sa lutte armée contre Israël. Mais le Fatah version 2010 est bien différent de l’organisation politique et militaire créée clandestinement par un certain Yasser Arafat à la fin des années 50, au Koweit.

A l’origine, le Fatah, un label à rapprocher du mot Fath, qui signifie “conquête” en arabe, se donne pour objectif de “libérer tout le territoire palestinien
de l’entité sioniste”. L’ambition est claire et elle passe donc par la lutte armée. La victoire éclair d’Israël sur les pays arabes en 1967, autrement appelée Guerre des Six Jours, signe la montée en puissance du Fatah. L’occupation israélienne de la bande de Gaza et de la Cisjordanie va ainsi donner
corps à la guérilla palestinienne.

Un millier de volontaires venus des camps de réfugiés et de la diaspora palestinienne rejoignent les camps d’entraînement du Fatah. Les commandos
de combattants, ou fedayin, multiplient les attaques contre des cibles israéliennes. Le Fatah est débordé par des groupes radicaux.

1972 marque un autre tournant, avec l’assassinat de onze Israéliens par un commando palestinien, aux Jeux Olympiques de Munich (Allemagne). Le Fatah et l’OLP décident alors de privilégier le combat diplomatique pour obtenir une reconnaissance internationale de la cause palestinienne. Mais avec l’invasion du Liban par Israël en 1982, le Fatah connaît une grave crise marquée par des dissensions sur la stratégie à adopter. Et ce sera la première Intifada, en 1987.

Mais c’est finalement la politique du dialogue menée par Arafat qui l’emporte. Jusqu’aux accords d’Oslo de 1993, c’est-à-dire la reconnaissance mutuelle entre Palestiniens et Israéliens. Arafat d’un côté, l’Israélien Rabin de l’autre. L’Autorité palestinienne voit alors le jour. Yasser Arafat en prend la tête. Le Fatah en devient le pilier.

Mais la deuxième Intifada, déclenchée en 2000, puis la mort d’Arafat, en 2004, voient le Fatah se diviser de nouveau, et son rival le Hamas séduire de plus en plus la population de Cisjordanie et surtout de Gaza. Jusqu’au succès du Hamas aux élections législatives de 2006.

Cette défaite sonne le glas de la vieille garde du Fatah, dont des dirigeants sont accusés de corruption. En août 2009, le mouvement reconduit Mahmoud Abbas à sa tête mais aussi renouvelle ses cadres. Le 31 décembre, dans un document écrit, il rappelle sa stratégie pour obtenir la création d’un Etat palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale : la lutte populaire et la voie diplomatique. C’est la victoire du courant modéré. Mais pour combien de temps…