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Une présidence tournante de l'UE compliquée pour Zapatero

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Une présidence tournante de l'UE compliquée pour Zapatero

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C’est la quatrième fois que l’Espagne assure la présidence tournante de l’Union européenne (UE) depuis son adhésion en 1986. Et ces six prochains
mois s’annoncent compliqués pour elle, et en particulier pour le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.

Deux raisons à cela. Premièrement, l’Espagne va inaugurer le nouveau régime institutionnel prévu par le Traité de Lisbonne, entré en vigueur le premier décembre. Avec la nomination d’un président stable (en tout cas, sur deux ans et demi) du Conseil et d’un Haut représentant pour les Affaires étrangères, ce cadre limite les pouvoirs du pays qui assure la présidence tournante pendant un semestre seulement.

Deuxièmement, la crise économique et financière a frappé l’Espagne de plein fouet. Bien plus que nombre de ses partenaires de l’UE. Le pays subit une récession profonde. Son secteur de la construction est sinistré. Et, avec plus de quatre millions de chômeurs, soit près de 18% de sa population active, l’Espagne affiche le 2è taux de chômage de l’UE, après la Lettonie. Or, les experts prédisent une reprise plus tardive en Espagne que dans d’autres Etats membres…

Au pouvoir depuis 2004, reconduit en 2008, Zapatero connaît donc un début de deuxième mandat pour le moins difficile. Sa gestion de la crise est critiquée. Son parti socialiste (PSOE) est en perte de vitesse et distancé dans les sondages par le parti populaire (PP) de son rival Mariano Rajoy.

Malmené sur le plan intérieur, Zapatero aurait pu espérer se refaire une santé en brillant sur la scène internationale. Seulement, il va devoir composer avec deux fonctions inédites et donc se ménager un espace politique dans la nouvelle architecture institutionnelle de l’UE. Ainsi, c’est le Belge Herman
van Rompuy qui sera chargé de coordonner les travaux des chefs d’Etat et de gouvernement des 27. Et, à ce titre aussi, de porter la parole de l’UE sur la scène diplomatique internationale. En concertation avec la Haute représentante pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.

Zapatero n’entend toutefois pas se laisser voler entièrement la vedette : en particulier lors du sommet UE-Etats-Unis, programmé en mai… à Madrid.