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Yemen : le nouvel eldorado d'Al Qaeda?

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Yemen : le nouvel eldorado d'Al Qaeda?

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Ces montagnes arides qui évoquent l’Afghanistan pourraient-elles devenir le nouvel eldorado d’al Qaeda? Toutes les conditions y sont réunies pour l‘épanouissement de la nébuleuse terroriste. Instabilité politique, pauvreté… Une menace prise très au sérieux par Washington.

Le 21 décembre, des membres de l’organisation se sont joints dans une rare apparition publique à un rassemblement anti-gouvernement au sud du pays. Exploitant les tensions sécessionistes de la région, ils ont fait l’apologie de leur guerre contre les Etats- Unis, assurant que ceux-ci et leurs alliés étaient leur principale cible.

Une tentative de gagner les sécessionistes à leur cause alors que le gouvernement ne contrôle plus guère que la capitale. Un gouvernement pris entre le sud et le nord ou l’armée est engagée dans une coûteuse guerre civile avec les rebelles chiites depuis 2004 et ne parvient pas à reprendre le contrôle de la situation.

Une double crise qui affaiblit le pouvoir et profite aux djihadistes. Depuis une décenie, ils ont marqué le territoire de leurs attentats, contre des intérêts américains et contre des étrangers. Aujourd’hui ils se renforcent, venant notamment d’Arabie saoudite, d’Irak et du Pakistan mais aussi de Somalie.

C’est en Arabie Saoudite qu’il faut chercher les prémices de la mouvance d’al Qaeda dans la péninsule arabique. Elle commence à faire parler d’elle en 2003, en signant notamment 3 attentats suicides simultanés contre des bâtiments d’un quartier résidentiel pour étrangers à Ryad faisant 29 morts. D’autres suivront jusqu’en 2006

Au Yémen pendant ce temps, des combattants isolés d’al Qaeda signent l’attentat contre le destroyer américain USS Cole en 2000.

Mais c’est surtout à partir de 2006 qu’ils vont être actifs: quand les principaux suspects de cet
attentat parviennent à s‘échapper de prison. Parmi eux, deux hommes, dont l’un fut l’assistant de Ben Laden en Afghanistan, qui reconstituent les rangs et trouvent de nouveaux combattants. Ces mêmes hommes qui en janvier 2009 annonceront dans une vidéo la fusion des branches saoudiennnes et yéménites d’al Qaeda, créant l’Aqpa, “Al Qaeda pour la Péninsule arabique”, la première étape avant de lancer des attaques dans toute la région.

Et c’est bien ce qui inquiète les Occidentaux. Les experts se battent sur leur nombre : pas plus d’une cinquantaine selon les uns, entre 2 et 300 selon d’autres, mais tous sont d’accord sur la menace qu’ils représentent dans ce pays, le plus pauvre de la région.