DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Entretien avec Luis Carballo, envoyé spécial d'Euronews à Haïti

Vous lisez:

Entretien avec Luis Carballo, envoyé spécial d'Euronews à Haïti

Taille du texte Aa Aa

Luis Carballo, est-ce que la situation peut maintenant dégénérer ?

“Il faudra voir dans les prochaines heures, les prochains jours, mais toutes les conditions sont actuellement réunies pour qu’il y ait de la violence. Il est clair que le chaos demeure cinq jours après le tremblement de terre. A Port-au-Prince, rien ne fonctionne, et c’est pourtant là que sont concentrés tous les secours et la distribution de l’aide alimentaire. Alors, on peut s’imaginer la situation dans le reste du pays, dans les zones autour de la capitale où le séisme a frappé même plus fort qu‘à Port-au-Prince. Ici aussi dans la capitale, dès qu’on sort du centre, c’est la même chose. Et les gens commencent évidemment à s‘énerver, car tout y contribue. Les conditions de vie sont très difficiles, et il fait très chaud. L’odeur est insupportable dans une grande partie de la ville, c’est l’odeur de la mort. L’eau et la nourriture manquent cruellement. Voilà pourquoi il peut y avoir des émeutes. D’après les témoignages que j’ai recueilli, je n‘écarterai pas cette hypothèse”.

Les Haïtiens que vous avez rencontrés, que disent-ils ? Que ressentent-ils ?

“Samedi, nous étions dans un quartier parmi ceux qui sont les plus détruits par le séisme, à environ quatre km du centre de Port-au-Prince, Canapé Vert. Nous y sommes allés à nos risques et périls, sans accompagner un convoi, sans escorte. Nous étions les premiers étrangers à arriver là et à rencontrer les gens. Aucune aide ne leur était parvenue, ni même une bouteille d’eau, et c’est nous avec notre voiture de télévision qui leur avons amené. Mais le peuple haïtien est habitué à tout type de catastrophe. C’est un peuple stoïque, qui a gardé beaucoup de dignité, c’est ce que je vois. Mais la situation est si compliquée que les Haïtiens sont en train de souffrir énormément”.