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Handicap International sur le terrain dès la première heure

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Handicap International sur le terrain dès la première heure

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Quatre jours après le séisme qui a durement frappé Haïti, nous avons rencontré Jean-Marc Boivin, le responsable de l’action politique et du plaidoyer d’Handicap International.

Euronews:
Handicap International a une mission sur place, à Port-au-prince depuis plus d’un an, depuis les cyclones, qu’en est-il de votre équipe ?

Jean-Marc Boivin:
“Notre résidence s’est totalement effondrée, donc notre équipe d’expatriés (cinq personnes) n’a plus de domicile, elle se retrouve comme tout le monde, vivant à la rue, dormant dehors et cherchant de l’eau et de la nourriture au jour le jour comme tout le monde.
Pour le reste de la population salariée chez nous, ce sont des Haïtiens, ils sont plus d’une centaine. Et hélas, pour la plupart nous n’avons aucune nouvelle. Sans penser pour autant qu’ils ont été tués, ils sont sans doute occupés à retrouver leur proche avant de reprendre leur poste de travail. “

Euronews:
Avez-vous pu toutefois commencer d’aider la population ?

Jean-Marc Boivin:
“Il ne faut pas oublier que l’on est dans une zone de chaos total. Notre équipe permanente, après le choc, a tout de suite essayé de reconstituer les premiers contacts pour pouvoir mettre en œuvre notre premier métier dans le cadre des situations d’urgence, c’est-dire, faire de la logistique pour apporter le maximum d’aides techniques et répondre de façon pratique à l’ensemble de nos partenaires, ONG etc…”

Euronews:
Concrètement, qu’avez-vous pu faire quelques jours après le séisme ?

Jean-Marc Boivin:
“Nous avons 45 camions, et une petite vingtaine de camions sont en état de circuler, nous avons nos chauffeurs pour pouvoir commencer à faire nos distributions de matériels sur l’ensemble des sites qui en ont besoin. Ils sont à disposition de nos partenaires ONG qui travaillent dans le champ de l’urgence médicale.

Actuellement nous avons à distribuer du matériel de première urgence, qui sert aux services de santé, des quantités de nourriture, de l’eau etc…mais aussi concernant notre métier de spécialiste du handicap et de la prévention, nous allons distribuer les premiers équipements qui sont arrivés: des cannes, des béquilles, des aides techniques pour permettre aux gens de se déplacer, j’allais dire dans les meilleurs conditions possibles, dans ce contexte de chaos.
A l’heure qu’il est, notre renfort technique vient d’arriver, c’est encore le chaos complet. La coordination est extrêmement difficile. Vous le savez, les Nations unies sont aussi extrêmement touchées par la catastrophe, par le fait de la destruction de ses services, mais aussi pour beaucoup parce que l’ensemble des voies de communications sont détruites. La circulation est quasiment impossible, car les rues sont pleines de gravats.

Pour autant, on essaie de se coordonner au moins entre nous, entre acteurs ONG pour assurer le plus possible de la solidarité entre ONG pour apporter le matériel là où il doit être acheminé le plus vite possible.

Il faut faire au jour le jour, dans des conditions extrêmement précaires, en essayant d‘être professionnel autant que possible. Handicap International travaille depuis des années et des décennies sur la question de l’urgence humanitaire donc on a un vrai savoir-faire pour dépasser le choc de la catastrophe et être relativement opérationnel et savoir tout de suite se coordonner entre nous en attendant une coordination soit des Nations Unies, soit de l’Etat haïtien.”

Euronews:
Quelle mission Handicap International s’est-elle donnée ?

Jean-Marc Boivin:
“Là où il y a beaucoup de personnes, dans le centre-ville, sur les lieux internationaux, il y a beaucoup d‘équipes déployées. Nous, nous essayons d‘être au plus proche des populations plus oubliées.

Un tremblement de terre, c’est toujours des catastrophes annoncées en terme d’amputations, de paralysies, donc il faut prévenir, sensibiliser tout le monde à la façon de faire les soins.
L’attention particulière à la rééducation, à l’appareillage, aux nombreux soins pour les personnes handicapées interviendra dans un second temps, sur la post-urgence. Nous allons mettre en place des services au long cours sur le soin à apporter aux personnes handicapées. Nous sommes là pour longtemps.”

Handicap International a envoyé des kinésithérapeutes pour former les équipes médiales. L’ONG a débloqué 150 000 euros au lendemain du séisme. Elle lance un appel aux dons pour l’action à mener à long terme auprès des victimes handicapées.