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7 milliards d'euros et 10 ans pour la reconstruction en Haïti

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7 milliards d'euros et 10 ans pour la reconstruction en Haïti

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Une capitale dévastée, c’est rare dans un séisme et c’est d’autant plus grave que les ressources principales du pays, politiques, économiques, logistiques sont concentrées dans la capitale. C‘était le cas de Port-au Prince, capitale d’un pays à l‘économie déjà dévastée avant le séisme et qui mettra très longtemps à se relever.

La famille de Fritz Mevs est parmi les plus riches du pays, il a perdu beaucoup dans ce séisme mais il a pris aussi une leçon d’humilité il a promis d’utiliser ses ressources pour aider à reconstruire : “Le tremblement de terre ne fait pas de sélection, jolis quartiers, mauvais quartiers, quartiers riches… Il a frappé aussi les gens de la rue, les petites gens, et qui se retrouvent sans maison, sans endroit ou aller, eux désignent ce tremblement de terre comme l‘événement le plus démocratique de l’histoire de Haïti…”

Mais tous n’ont pas fait le raisonnement de Fritz. Beaucoup d’haitiens, en tous cas ceux qui en ont les moyens partent. C’est la classe aisée et la classe moyenne qui désertent le pays et avec elles, les capitaux mais aussi les compétences, utiles à la reconstruction.

“Il y a une pénurie d’eau, il va y avoir bientôt une épidémie, il y a pas de médecins, pas d’hôpitaux… explique cette femme. J’ai envie que mon pays reprenne et puis je reviendrai après.”

Pour ceux qui restent, il y a d’abord l’urgence. Les besoins basiques. 610 000 personnes sont actuellement répartis dans 508 camps, dont seuls 6 ont l’eau potable. Et il faudrait 100 000 tentes supplémentaires. A plus long terme, il faudra reconstruire.60% du PIB a a été détruit car concentré à Port-au Prince. A Leogane et à Jacmel, 50% des maisons ont été détruites. Une première estimation parle de 7 milliards d’euros. Il faudra au mieux 10 ans, au pire 25…

Et pour compliquer les choses, toute la structure d’Etat et les administrations appellées à diriger la reconstruction ont été réduites à néant. Face à ce vide, certains appellent à la mise en place temporaire d’une tutelle des Nations-unies.