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Le présent en Haïti, c'est encore le manque de nourriture et de travail

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Le présent en Haïti, c'est encore le manque de nourriture et de travail

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Deux semaines et demie après le violent séisme en Haïti, nombreux sont les rescapés qui ont encore le ventre vide. Dans une petite ville, les habitants se sont révoltés. Ils ont barré la route pour bloquer les camions remplis d’aide alimentaire qui filent sur Leogâne sans jamais s’arrêter. “On meurt de faim” ont écrit des Haïtiens isolés pour dire leur désespoir. Certaines ONG critiquent notamment les forces américaines qui refusent, selon elles, de sécuriser les distributions de vivres; la bousculade entraîne souvent la violence.

On se bouscule aussi, comme devant le ministère de l’Agriculture à Port-au-Prince, dès que des rumeurs sur des offres de travail circulent. “Je suis venue ici pour chercher un travail, dit une femme, mais rien ne se passe. Je peux pourtant laver, nettoyer, faire n’importe quoi…” Se projeter dans l’avenir reste difficile pour les autorités haïtiennes. La capitale devra être reconstruite à 75%, et la misère n’a fait qu’empirer. “Nous allons faire tout ce qu’il faut pour soulager la misère des gens, a déclaré le président René Préval, mais en pensant à la reconstruction de Port-au-Prince, il faut aussi penser à la décentralisation pour ne pas refaire les mêmes erreurs”.

Les ONG estiment que 1,8 millions d’enfants ont été affectés par le séisme. Près d’un million se retrouveraient orphelins, selon l’ONU. Chacun d’entre eux a vécu une tragédie. “J‘étais en train de jouer au football quand j’ai vu tout trembler, raconte un jeune garçon. Je suis allé vers ma maison, elle était effondrée et mes parents étaient morts”.