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Sauver la Baltique de la pollution

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Sauver la Baltique de la pollution

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Des décennies de pollution en ont fait un véritable dépotoir. Aujourd’hui, les experts dressent un constat sans appel : la Baltique se meurt.

Un diagnostic que refusent les 9 pays dont elle baigne les rives. Leurs dirigeants étaient réunis à son chevet ce mercredi à Helsinki pour tenter, faute de remède miracle, de corriger les erreurs du passé.

La présidente finlandaise, Tarja Halonen, en a profité pour souligner un triste paradoxe : “aujourd’hui, a-t-elle déclaré, des pays parmi les plus riches et les plus sensibilisés à la défense de l’environnement sur cette planète vivent sur les bords d’une des mers les plus polluées au monde. Quelle tragédie ! Il faut clairement agir et vite.”

Et comme l’a rappelé la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, parmi les urgences, certaines sont héritées d’un lointain passé.

“Aujourd’hui, il nous faut relever un défi historique international, a-t-elle rappelé : celui du désamorçage des armes chimiques et conventionnelles qui reposent sur les fonds de la mer Baltique.”

Quasiment fermée, très peu profonde et alimentée par de nombreux fleuves, la mer Baltique est très fragile. Neuf Etats se partagent son rivage, 90 millions de personnes habitent sur ses rives. Les déchets de leurs activités industrielles, agricoles et quotidiennes finissent dans la Baltique au point de la saturer.

L’eutrophisation, comprenez la prolifération des algues qui prive l’eau de son oxygène, est une des menaces les plus graves qui pèse sur l‘écosystème de la Baltique, comme l’explique Juuka Jormola, chercheur à l’Institut finlandais SYKE.

“Elle est causée par les éléments nutritifs, il y a trop d‘éléments organiques dans l’eau, comme les nitrates ou le phosphore. Et les algues qui prolifèrent dans un tel milieu sont toxiques et dangereuses pour les enfants qui s’y baigneraient. Aujourd’hui, on voit ces algues apparaître dans de nombreux lacs et dans la Baltique.”

Pour y remédier, pas de secret : il va falloir mettre la main à la poche afin d’assainir les eaux usées. Saint-Petersbourg fait aujourd’hui figure d’exemple sa toute récente station d‘épuration qui a fait oublier qu’avant son inauguration, en 2005, la ville était le plus gros pollueur du golfe de Finlande. Un investissement de près de 200 millions d’euros.