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Un Kosovo indépendant mais dépendant

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Un Kosovo indépendant mais dépendant

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Deux ans après la déclaration d’indépendance, 10 ans après la guerre entre Belgrade et la guérilla albanaise, le Kosovo est-il viable économiquement et politiquement ? La petite république connait de nombreux problèmes même si le climat s’est apaisé.

“L’indépendance n’a rien résolu, explique Jean- Michel de Walle, expert à l’Université Libre Bruxelles, ceux qui pensaient que l’indépendance allait résoudre par nature, par essence, presque par magie, les problèmes du Kosovo, doivent constater que les problèmes restent là où ils étaient. Cela n’a pas aggravé les problèmes, mais cela ne les a pas résolus.”

Après la guerre de 1999, Pristina reçoit quatre milliards d’euros d’aide. A l’indépendance, le Kosovo jure de s’en sortir grâce à ses ressources en minerai et à sa jeunesse, mais c’est sans compter la pauvreté, le crime, et la corruption. Aujourd’hui les donateurs envisagent de réduire leur aide. Mais au Kosovo, sur deux millions d’habitants, 40% sont au chômage. 1760 euros, c’est le revenu moyen par personne et par an.

“Dès le départ, rajoute Jean-Michel de Walle, on savait que le Kosovo serait un vrai problème économique. C’est un pays qui n’a pas de richesse naturelle, d’industrie, d’agriculture puissante donc c’est un pays pauvre, sans structure, sans richesse naturelle, ce qui pose des problèmes, on le sait depuis le départ. Ces problèmes sont rendus encore plus importants par le manque d’une administration compétente, par le manque de politique publique et par le manque d‘élite politique, économique et sociale qui serait capable de lancer un vrai projet de politique publique pour ce pays.”

Dépendance économique donc, dépendance aussi en matière de sécurité. 10 000 hommes de la KFOR et 2000 policiers de l’Union européenne sont présents pour lutter contre le crime organisé et calmer les tensions entre la majorité albanophone et la minorité serbe.

Une minorité essentiellement présente dans le nord, qui ne reconnait pas les institutions kosovares et compte sur le soutien sans faille de Belgrade.

Autre obstacle pour le Kosovo, son indépendance, sur laquelle la Cour internationale de justice ne s’est toujours pas prononcée.

“Est-ce que cette reconnaissance est légitime ou pas, au niveau du droit international ?, s’interroge jean-Michel de Walle. Tant qu’on a pas cette réponse là, il sera très difficile d’avancer. Je pense que pour la Serbie, y compris pour un gouvernement démocratique et pro-européen, c’est quelque chose qui est absolument inacceptable.”

Dans quelques mois la Cour internationale de justice doit rendre son avis. Quel qu’il soit, Pristina refuse d’envisager un retour en arrière. Les Serbes eux espèrent revenir à des négociations sur le statut du Kosovo.