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Madère : l'urbanisation à outrance pointée du doigt

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Madère : l'urbanisation à outrance pointée du doigt

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La perle de l’Atlantique, dévastée par des pluies torrentielles, noyée sous des torrents de boue. Des circonstances climatiques extrêmes, puisqu’il est tombé en 11 heures l‘équivalent d’un mois de pluie mais pas seulement. Ecologistes et experts pointent du doigt l’urbanisation accélérée mise en oeuvre par Alberto Joao Jardim depuis son arrivée à la tête du gouvernement régional en 1978, une politique régulièrement dénoncée pourtant par les memes experts comme étant néfaste à l’environnement et contraire aux règles de sécurité.

Urbanisation à outrance et “politique du béton”, sur un minuscule territoire : au large des côtes marocaines, Madère fait à peine 60 km de long sur 22 de large. L‘île compte 250 000 habitants, dont 100 000 dans la capitale Funchal. Ceinturée de 4 voies rapides, percée de dizaines de tunnels qui en font un gruyère, elle possède de nombreux cours d’eau, dont 3 principaux.

“A côté de ces voies de circulation périphériques, il existe divers équipements, des centres de santé, des casernes de pompiers et même des bâtiments publics et privés qui ont d’autres fonctions, et qui sont situés justement dans ces zones à risques, au bord de ces rivières” explique cet expert.

En construisant massivement des bâtiments et des routes près de ces rivières, on a provoqué l’imperméabilisation des sols et empêché l‘écoulement normal des eaux. Pour les spécialistes, il faut investir pour prévoir et prévenir ce genre d‘évènements : “Sur les hauteurs de Madère, il y avait par le passé beaucoup de forêts. Les forêts ont une fonction très importante parce qu’elles retiennent l’eau et il faut en faire des zones protégées, il faut que l’encadrement des lits de rivières soit fait de manière à prévoir des situations de risque comme celle-ci et par exemple dans certains cas, il faut élever des barrières.”

Chaque année, la population de l‘île explose avec l’arrivée des touristes, très friands de son climat, de ses infrastructures ultra modernes, et de son front de mer jalonné d’hôtels de luxe. Des grands travaux largement financés par l’europe que les ecologistes pointent aussi du doigt pour n’avoir pas controlé l’usage de l’argent distribué….