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A mi mandat, Medvedev affirme son style

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A mi mandat, Medvedev affirme son style

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L’homme qui prône un “partenariat privilégié” avec la France va-t-il changer la Russie? A mi-mandat, on ne sait toujours pas vraiment qui est Dmitri Medvedev. Mais son style, à l’image de cette déclaration ce matin, à l’issue des Jeux Olympiques, s’affirme de plus en plus : “Nous avons vécu avec les méthodes soviétiques pendant une longue période, et ces méthodes maintenant sont usées. Il ne faut pas idéaliser l‘école soviétique. C’est terminé. Nous avons besoin de changer nos méthodes d’entraînement.”

Ce n’est pas la première fois que celui qu’on a appellé la marionnette de Vladimir Poutine a son arrivée à la présidence il y a 2 ans, prend ses distances avec son mentor. Avec aussi cette ère soviétique qu’il a récemment avoué ne pas aimer.

Un réformateur soucieux d’amener son pays sur la voie de la modernité, Dmitri Medvedev? Une chose est sure depuis quelques mois, il semble plus à l’aise dans ses habits de président et multiplie les gestes autonomes. Féru de nouvelles technologies, adepte de l’innovation, en septembre 2009, dans un article au vitriol, il avait jugé le pays “arriéré”, “corrompu”, trop étatique, son économie “inefficace”, et sa démocratie
“affaiblie”…

Et il agit. A coup de limogeage: un gouverneur sur 5 remplacé, la plupart des barons locaux en poste depuis deux décennies remerciés, le ministère de l’Intérieur et la Police en proie à de vastes coups de balai destinés à réduire les effectifs, mais surtout la corruption.

Même à l‘égard des droits de l’Homme, on note des avancées. Il y a un an, il reconnaissait d’ailleurs le non respect de plusieurs d’entre eux dans son pays, et même si les opposants continuent à dénoncer les méthodes du premier ministre Poutine, certains sont prêts à accorder le bénéfice du doute au président.

Reste que les réformes promises et attendues tardent. La crise a d’autant plus mis en évidence la fragilité de l‘économie, et les russes manifestent régulièrement contre la vie chère.

Dmitri Medvedev semble plein de bonnes intentions, mais quelle est réellement sa marge de manoeuvre ? La majorité des russes a tranché : selon un sondage, 86% d’entre eux considèrent qu’il ne faut rien en attendre, car ce n’est pas lui qui dirige le pays.