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L'Union européenne manque de visibilité au Proche-Orient

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L'Union européenne manque de visibilité au Proche-Orient

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Alors que les relations entre Israël et son vieil allié américain sont au plus mal, l’Union européenne peut-elle tirer son épingle du jeu? C’est la question que se posent certains et depuis longtemps déjà. Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne en visite dans la région, peut elle apporter une nouvelle dynamique dans le processus de paix?

Cette perspective n’est pas certaine. Depuis des années l’Europe attend de pouvoir jouer un rôle au Proche-Orient sans jamais y parvenir à cause d’un manque de visibilité certain. La création d’un service diplomatique européen ne devrait pas changer grand chose.

“La force politique est là, mais je dois dire que l’Union européenne ne l’a pas vraiment utilisée de façon très efficace”, explique une politologue. “Qu’elle parle d’une seule voix dans le Moyen-Orient serait un progrès important, un grand développement pour la région et pour la représentativité de l’Union et sa réputation mondiale, mais les Américains resteront la puissance dominante et je pense que ça ne changera pas avec Catherine Ashton, ni avec qui que ce soit”.

C’est l’argent qu’elle injecte dans la région qui offre sa visibilité à l’Union européenne mais qui la cantonne aussi à un simple statut de payeur. Certains aimeraient bien passer de ce rôle de figurant à un rôle plus actif.

L’Union a des arguments en sa faveur, partenaire commercial privilégié d’Israël, elle talonne les Etats-unis pour les exportations et se place loin devant concernant les importations.
L’Union européenne est aussi le principal contributeur d’aide aux Palestiniens.
Avec 500 millions d’euros en moyenne d’aides annuelles réparties entre les contributions communautaires et celles des Etats membres, elle supplante l’aide américaine de façon considérable.

L’Union aurait donc les moyens de jouer un rôle stratégique et politique de premier plan. Pourtant, l‘écart entre l’importance économique de l’Europe au Proche-Orient et son poids politique est énorme. Principale raison, Israël comme les Palestiniens privilégie des relations bilatérales, tout comme les 27.

“Nous savons tous que tous les pays du monde ont leur politique étrangère et des priorités nationales en la matière, des sensibilités nationales aussi quand il s’agit de traiter d’un sujet aussi délicat que celui du Moyen-Orient. Je vois mal l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France ou les Pays-Bas abandonner leurs priorités nationales en faveur de l’UE. Ce que l’Union peut faire c’est d’apporter ces différentes positions et ensuite de travailler comme une seule entité, comme une voix unique dans la région. Mais cela risque d‘être un processus long et difficile” explique une politologue.

S’il existe un consensus mondial en faveur de la paix au Proche-Orient, il recouvre des réalités très diverses. Cela est d’autant plus vrai en Europe
où 27 sensibilités historiques se téléscopent sur le dossier.