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Italie: drôle d'ambiance avant les régionales

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Italie: drôle d'ambiance avant les régionales

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Toujours sur le devant de la scène, d’autant plus lorsqu’il s’agit de voter. Le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, s’est dépensé sans compter pour ces élections, pourtant régionales, qu’une fois de plus il a transformées en plébiscite. Son objectif: éviter l’abstention, surtout des électeurs de sa formation, le PDL.

“La plus grande préoccupation pour le Premier ministre Berlusconi vient en premier lieu de ses électeurs hésitants et déçus; en second lieu de la Ligue du Nord, qui est un allié fidèle mais qui pourrait dépasser le PDL dans le Nord et se retrouver peut-être avec deux régions. Et d’un autre coté le Premier ministre semble plus preoccupé un par les magistrats et deux par les présentateurs télé que par le centre-gauche”, analyse Ilvo Diamanti, professeur en science politique à l’université d’Urbino.

Fait marquant de cette campagne électorale: le blackout de la RAI sur les émissions de débat politique, sous prétexte de ne pas favoriser un des partis en lice. Face à ce diktat, Michele Santoro, présentateur de l‘émission “Anno Zero”, a organisé une soirée pour la liberté d’expression. Soirée diffusée sur grands écrans dans plusieurs villes, sur 40 chaînes locales ainsi que de nombreux sites internet. “Raiperunanotte” a obtenu un bon 13% d’audiences.

“L’Italie est un pays où les partis sont peu présents dans la société et très présents dans les médias, explique Ilvo Diamanti. C’est pour ça que le contrôle les médias devient déterminant. Est-ce un problème de liberté? Oui, mais c’est aussi un problème de politique, du rôle de la politique et des partis politiques”.

En effet le débat politique en Italie est de plus en plus réthorique, réduit à des slogans, et le langage des politiques ne manque pas d’insultes, voire d’agressivité.

Une atmosphère qui n’est pas le fruit du hasard selon Ilvo Diamanti : “Cette spirale, une spirale presque violente, d’une violence heureusement surtout verbale, mais pas seulement, sert à mettre en lumière des différences qui ne sont plus aussi évidentes. La politique devient du marketing lorsque le marketing met en compétition des produits qui ne sont pas si différents, alors on crie, on crie, on essaie de le vendre d’une façon plus explicite, de la façon la plus directe possible”.