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Doku Oumarov, ennemi numéro un de Moscou

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Doku Oumarov, ennemi numéro un de Moscou

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L’autoproclamé “Emir du Caucase”, Abou Ousman, alias Doku Oumarov a apposé sa signature sur le double attentat.
Plusieurs fois donné pour mort ou capturé par les troupes russes et tchécthènes de Kadyrov, Doku Oumarov, 46 ans, a pris la tête de la rébellion indépendantiste et islamiste du Nord-Caucase.

Sa zone d’influence s‘étend du Daguestan à l’est à la République du Karatchïevo-Tcherkessie à l’ouest. Six Républiques pour un émirat, celui du Caucase que Doku Oumarov veut régir par la Charia.

C’est par élimination qu’Oumarov deviendra en juin 2006 Président de la République tchétchène d’Itchkérie. Il succède à Abdoul Khalim Saidoulaïev tué quelques jours plus tôt lors d’un raid mené par les forces russes.

Saidoulaïev avait lui même pris la succession d’Aslan Maskkhadov. Ce dernier, indépendantiste modéré sera le seul à envisager un dialogue avec le Kremlin. Mais débouté par Moscou, il prendra alors la tête de la rébellion lors de la deuxième guerre de Tchétchénie et sera tué lui aussi par les forces russes.

Sur la longue liste des chefs tchétchènes éliminés vient s’ajouter le nom de Chamil Bassaïev. Le “jusqu’au boutiste” et organisateur, entre autre, du siège du théâtre de Moscou en 2002 et de la prise d’otage d’enfants dans une école de Beslan en 2004. Il sera tué un mois après avoir été nommé vice-Président d’Oumarov.

La Russie fait tout pour mater la rébellion tchétchène, mais force est de contater que chaque nouveau chef semble plus radical que le précédent.

“Evidemment, les services de sécurité russes étaient trop préoccupés à détruire des figures symboliques. Ils étaient sûrs qu’en éliminant les chefs des insurgés, ils résoudraient le problème. Mais le système a montré que ça ne fonctionnait pas”, explique un analyste.

Traqué sans relâche par les forces russes et les autorités tchétchènes pro-Kremlin, Doku Oumarov tient un discours ambigu. Il affirme avoir des milliers de Moujahidines sous ses ordres, se dit combattant indépendantiste avant tout et réfute l’image d’islamiste extrémiste.

Il va même jusqu‘à condamner les attentats terroristes contre les civils mais c’est pourtant bien lui qui vient de revendiquer les derniers attentats de la capitale russe, comme celui d’ailleurs de novembre dernier contre le train express Moscou-Saint-Pétersbourg. Cet attentat avait fait 26 morts.

Ce sont autant d’actions que l’“Emir du Caucase” revendique comme des représailles aux crimes russes dans le Caucase.