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La longue attente des habitants de l'Aquila

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La longue attente des habitants de l'Aquila

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Prendre leur destin en main et récupérer leur cité historique de L’Aquila. Ces images ont été tournées en mars, témoignage de “la révolte des brouettes”. La réponse des habitants, fatigués d’attendre, et qui ont forcé les barrages pour entrer dans le centre historique. Accusant les autorités de laxisme, ils ont décidé de déblayer eux mêmes les gravats qui recouvrent l’Aquila depuis le séisme du 6 avril 2009.

Depuis, les travaux de déblayage se sont accélérés mais il reste encore entre 1,5 et 3 millions de mètres-cube à dégager, et il faut faire doucement pour récupérer les matériaux précieux, comme ces mosaïques d’une ancienne demeure.

Et il y en a beaucoup ici, dans ce quartier de San Pietro, que nous découvrons avec les propriétaires d’une maison datant du XVI siècle. La maison n’a été sécurisée qu’il y un mois. “C’est pire qu’il y un an, la maison là bas s’est écroulée la nuit du séisme, dit sa propriétaire. Tous ces autres matériaux n‘étaient pas là. A mon avis, ce sont les débris des maisons sécurisées que les entreprises ont eu l’idée de jeter le long de notre rue, au lieu de les emmener.”

70 000 personnes ont perdu leur logement la nuit du séisme, comme la famille Tettamanti.
Aujourd’hui, le père et le fils reviennent dans leur appartement.

“Du point de vue de la reconstruction, d’un point de vue opérationnel, rien n’a changé. La maison est aujourd’hui dans le même état qu’il y a un an”, déplore Enzo Tettamanti.

Depuis, 14 000 personnes ont reçu des logements flambant neufs, surnommés “les maisons Berlusconi”, mais beaucoup sont au milieu de nulle part, sans transports ni services.

De retour dans le centre historique de l’Aquila, dans l’unique partie accessible. La pâtisserie Nurzia est le seul café qui a rouvert ses portes, en décembre. On y retrouve un peu l’ambiance d’hier…

“Ici, on ne parle jamais du tremblement de terre, jamais. On parle de café, de chocolat… explique Natalia Nurzia. Et puis ensuite, tu sors par cette porte et tu retrouves la tristesse de la ville.”