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Katyn : la genèse d'un massacre

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Katyn : la genèse d'un massacre

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Août 1939. A l’aube de la seconde guerre mondiale, l’Allemagne et l’URSS signent un pacte de non-agression. Il comprend un protocole secret, le pacte Molotov-Ribbentrop, qui prévoit le partage germano-soviétique de la Pologne.

Et dès le 1er septembre, les troupes allemandes envahissent la Pologne. 16 jours plus tard, c’est au tour de l’Armée rouge de prendre possession du pays. Elle fait 250 000 prisonniers. Les simples soldats sont relâchés. Staline ordonne, en revanche, l’exécution des officiers, et des intellectuels.

Des milliers de prisonniers sont abattus à Katyn par le NKVD, la police politique soviétique en avril 1940, puis à Kharkov ou Kalinine. Parmi eux, le père d’Andrzej Skapski. L’une des 22 000 victimes.

“Le 3 juin 1943, le nom de mon père est apparu sur la liste d’exhumation. J’avais 5 ans, et malheureusement m’a mère était déjà morte. Elle est décédée six mois plus tôt. Elle n’a donc pas su que, pendant toutes ces années, elle était déjà veuve”, raconte Andrzej Skapski.

Les troupes allemandes, qui ont envahi l’URSS en 1941, découvrent deux ans plus tard un premier charnier. Berlin accuse Moscou mais, à l‘époque, personne ne veut croire à sa version.

“Depuis la toute première découverte des restes d’officiers polonais dans une forêt à l’extérieur de Smolensk, le massacre de Katyn a fait l’objet de nombreuses manipulations et de mensonges, principalement du côté des auteurs de ce crime, l’Union soviétique et ses chefs, qui ont immédiatement tenté de reporter la faute sur les Allemands. Et cette version a été entretenue tout au long de l’après-guerre et de l‘ère de la République populaire de Pologne”, explique Marek Lasota, un historien polonais.

La vérité sera révélée bien plus tard. En 1992, le président polonais Lech Walesa reçoit officiellement des documents qui confirment les massacres. Il aura fallu attendre la Glasnost pour que l’URSS reconnaisse sa responsabilité. Mais la plaie n’est toujours pas refermée. Car Moscou refuse de transmettre ses archives et personne n’a été poursuivi pour ce que la Russie qualifie de crime militaire. Varsovie attend au contraire, depuis 2006, que la Cour européenne des droits de l’Homme reconnaisse le massacre de Katyn comme crime contre l’humanité.