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L'opposition prend le pouvoir au Kirghizistan

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L'opposition prend le pouvoir au Kirghizistan

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Ambiance de guerre civile dans les rues de Bishkek, la capitale du Kirghizistan.

De violents affrontements entre l’opposition et les forces de l’ordre ont causé la mort d’au moins 65 personnes et fait plus de 400 blessés.

L’hostilité au pouvoir, cantonnée il y a quelques jours encore à la province de Talas, a désormais gagné la capitale.

La police, dépassée par la situation, n’a pas hésité à faire usage de mitrailleuses pour empêcher les manifestants d’assiéger la présidence.

Et même si l‘état d’urgence a été décrété dans tout le pays, le pouvoir est désormais entre les mains de l’opposition.

Roza Otunbayeva, ancienne ministre des affaires étrangères, à la tête du mouvement de contestation, est devenue présidente par intérim.

“Le quartier général des forces de sécurité intérieure, tout comme le ministère de l’intérieur, sont maintenant entre les mains de nouvelles personnes. Il nous fallait prendre contrôle de la situation, parce que la sécurité dans le pays est une question de première importance.”

Les locaux du gouvernement situés dans la capitale ont aussi été investis par les insurgés. Le ministre de l’Intérieur lui-même aurait trouvé la mort au cours de cet assaut, assaut qui aurait aussi conduit le premier ministre à présenter sa démission.

Quant au président Bakiyev, il a pris la fuite hier soir à bord d’un avion pour Osh, dans le sud du pays.

La pauvreté, la hausse des prix et la corruption alimentent la colère de la population, dont le tiers vit en dessous du seuil de pauvreté.

“On a d’abord dû faire face au régime d’Akayev, et maintenant celui de Bakiyev, clame un opposant. Les gens n’en peuvent plus. Regardez autour de vous, nous sommes tous pauvres, sans travail. Ils tirent sur le peuple. Après ça, nous répondrons au sang par le sang.”

Plusieurs leaders de l’opposition, parmi lesquels l’ancien candidat à la présidentielle Atambaïev, ont également été arrêtés par les insurgés.

Et malgré une légère accalmie pendant la nuit, les blessés ont continué d’affluer dans les hôpitaux submergés.

Bakiyev, porté au pouvoir il y a 5 ans après la révolution des tulipes, est devenu l’ennemi public numéro 1.