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Kirghizstan : le président déchu ne désarme pas

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Kirghizstan : le président déchu ne désarme pas

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Au Kirghizstan, le président déchu n’a pas l’intention de rendre les armes. Au contraire, il n’exclut pas de les utiliser pour se maintenir au pouvoir. Kourmanbek Bakiev s’est exprimé ce lundi devant ses partisans, réunis à Teyyit, son village natal, dans le sud du pays. C’est là qu’il s’est réfugié quand il a fui la capitale, la semaine dernière.

A Bischkek, précisément, certains de ses adversaires évoquent une opération pour venir l’arrêter. Alors, face à cette menace, Kourmanbek Bakiev se fait offensif : “qu’ils essaient donc de m’arrêter, qu’ils essaient donc de me tuer, cela conduira à un bain de sang que personne ne pourra justifier”, assure-t-il.

Kourmanbek Bakiev est originaire du sud du pays. C’est donc là que se trouvent ses principaux soutiens. Et il espère bien les mobiliser pour réintégrer son palais dans la capitale Bishkek, au nord. Sauf que le pouvoir est à présent entre les mains de Rosa Otounbaïeva. C’est elle qui dirige le gouvernement intérimaire.

Elle a récemment rendu visite aux centaines de blessés, qui ont témoigné des violences de la semaine dernière. Ainsi, un jeune homme qui raconte ce qui est arrivé à son ami Albar, allongé derrière lui. “Mercredi dernier, dit-il, Albar était en première ligne. Quand les snipers ont commencé à tirer, il a été touché à la tête. La balle lui a traversé la bouche”. Il ajoute : “on vit dans un pays démocratique. Aussi, tout le monde devrait pouvoir s’exprimer librement. Lui, il s’est fait tirer dessus parce qu’il voulait exprimer ses idées. Ce n‘était pas pour son propre compte, mais pour l’avenir du pays”.

Mercredi dernier, des milliers de manifestants ont marché vers le siège de la présidence. La police a alors ouvert le feu sur la foule, faisant plus de 80 morts.