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La situation économique du Kyrgyzstan au coeur de la révolte contre le président Bakyev

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La situation économique du Kyrgyzstan au coeur de la révolte contre le président Bakyev

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Les accusations de corruption et de népotisme sont venues gonfler les désillusions d’un peuple qui a tiré bien peu de bénéfices de la Révolution des tulipes en 2005. Malgré les promesses de relancer l’industrie et d’attirer les investisseurs, le pays reste sous perfusion des aides étrangères et 40 pourcent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

“Le gouvernement ne doit pas se comporter comme une entreprise familiale proteste cette femme. Il doit d’abord penser à son peuple.”

Avant 91, 98 pourcent des exportations allaient à l’Union Soviétique. La chute de l’URSS va frapper de plein fouet la production du pays. Et les réformes ne suffiront pas à redresser l‘économie. Aujourd’hui, le Kyrgyzstan tire essentiellement ses revenus de l’agriculture et de la diaspora russe, presque les 2/3 du budget du pays. Une situation précaire renforcée depuis un an par la crise financière mondiale.

“Il n’y pas de jobs pour les diplômés, seulement sur les marchés… Alors les jeunes s’en vont, ils partent au Kazakhstan, en Russie” déplore cet homme.

Si les ressources en or du pays, parmi les plus grandes de la région, suscitent la convoitise de ses voisins, c’est sa position stratégique qui a le plus profité aux caisses de l’Etat.

Situé entre la Russie et la Chine, et aux portes de l’Afghanistan, le pays abrite deux bases militaires russe et américaine, une manne en revenus chaque année.

Pour autant, le Kirghizstan a dû jouer les équilibristes vis-à-vis des intéressés. Il y a un an, le président Medvedev promettait une aide de plus de deux milliards d’euros au président Bakyev si ce dernier en contrepartie, fermait la base américaine.

Mais le Président Bakiev ne s’est pas exécuté, Washington acceptant notamment de tripler le loyer de la base chaque année, le prix fort pour garder une base stratégique pour l’Afghanistan.

Résultat, en février, Moscou bloquait le paiement d’une aide humanitaire au Kirghizstan, et supprimait les tarifs spéciaux sur le combustible accordés jusqu’ici au pays.

Des mesures qui allaient fragiliser un peu plus la situation économique et alimenter la grogne populaire ….