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Un horizon incertain pour la réunification de Chypre

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Un horizon incertain pour la réunification de Chypre

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Depuis septembre 2008, le président chypriote Demetris Christofias, et son homologue chypriote turc, Mehmet Ali Talat, se sont investis sans compter pour tenter de réunifier Chypre. Mais l‘île reste divisée.

Niyazi Kizilyürek, professeur Chypriote turc à l’Université de Chypre, a relevé que “les deux leaders se sont rencontrés plus de 70 fois sur les 18 mois écoulés et ont enregistré des progrès dans plusieurs domaines importants, mais il y a encore de grandes différences.”

Leurs efforts ont notamment abouti, le 29 mars dernier, à la mise en chantier d’une nouvelle route entre la partie grecque, au sud, et la partie turque, au nord. Un symbole fort.

Mais les négociations étaient suspendues dès le lendemain pour permettre à Mehmet Ali Talat de faire campagne.

Le dirigeant chypriote n’a pas caché sa préférence pour une victoire de Mehmet Ali Talat, afin que les discussions reprennent là où elles se sont arrêtées.

“Nous avons deux conceptions différentes, explique Niyazi Kizilyürek. La partie chypriote grecque est en fait acquise à un gouvernement fédéral central fort, tandis que la partie turque chypriote négocie en faveur d’un Etat fédéral faible. Et ces deux approches différentes rendent difficile un succès rapide.”

Le casse-tête chypriote remonte à la scission de l‘île, à l‘été 1974. L’armée turque avait alors envahi le nord de Chypre en réponse à un coup d’Etat des nationalistes chypriotes grecs soutenus par Athènes.

Les tentatives de réconciliation ont échoué depuis. La dernière, connue sous le nom de “plan Annan”, du nom de l’ancien Secrétaire général des Nations-Unies, a été rejetée en 2004 par référendum par les Chypriotes grecs.

En 2005, Mehmet Ali Talat avait remporté le scrutin en faisant campagne en faveur de la réunification de l‘île. Mais les lenteurs du processus de négociation ont frustré ses partisans, profitant à son adversaire, le premier ministre nationaliste Dervis Eroglu.