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Fatalisme, colère et fatigue chez les naufragés du ciel

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Fatalisme, colère et fatigue chez les naufragés du ciel

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La gare de St-Pancras à Londres est le terminus des trains Eurostar en provenance de Paris et de Bruxelles. En l’absence de liaisons aériennes, le trafic ferroviaire y est plus intense que d’habitude.
C’est là qu’arrivent les plus chanceux, ceux qui ont réussi à monter dans un train pour traverser la Manche.

Les nombreux passagers qui arrivent là sont soulagés de rentrer au pays après le cauchemar du voyage. Beaucoup évoquent des retards de trois ou quatre jours. Ils disent aussi qu’ils ont dû payer très cher l’hôtel et le transport pour aller jusqu’au terminal des Eurostar. Et là, il leur fallu débourser des sommes énormes pour s’acheter un hypothétique ticket, pour retourner chez eux à Londres.

“Nous étions en Slovénie, raconte un père de famille. On aurait dû rentrer vendredi. On n’a pas pu bouger jusqu‘à dimanche. On n’a pu rentrer simplement aujourd’hui. On a pris quatre trains différents, à travers six pays. Et finalement, on est là !”

Un peu plus loin, un autre touriste témoigne : “On avait des billets d’Eurostar pour ce lundi soir. On ne pouvait nous en remettre qu‘à Dieu. Et apparemment, Dieu était avec nous. On est là, de retour en Grande-Bretagne. On va aller se prendre une bonne bière et une délicieuse tasse de thé”. Face à la situation subie ces derniers jours, l’homme interpelle le Premier ministre britannique : “Et au fait, Gordon Brown, il va falloir se bouger !”

Les récits des naufragés du ciel ont ceci en commun qu’ils mêlent fatalisme et colère. Et souvent, la fatigue accumulée n’arrange pas les choses. “Ce soir, j’en peux vraiment plus, lâche une touriste allemande bloquée à Londres. Je sens que je vais craquer. Pourtant, il faut rester positif. Tôt ou tard, on va bien finir par retourner sur le continent, et retrouver notre maison. C’est juste un gros défi à relever. Et puis, on n’est pas les seuls dans cette situation. Je sais que des centaines de milliers de personnes sont coincés ici ou dans d’autres pays. Il n’y a rien d’autres à faire qu’attendre, et essayer de positiver autant que possible…”

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