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Royaume-Uni : le projet européen de régulation bancaire fait grogner à la City

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Royaume-Uni : le projet européen de régulation bancaire fait grogner à la City

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Quelque soit le vainqueur du scrutin britannique, la City de Londres devra compter avec un projet qui fait grincer des dents sur la première place financière d’Europe : une directive encadrant l’activité des fonds d’investissement alternatifs. Les futures règles européennes seront immanquablement plus strictes, en particulier pour les fonds spéculatifs. Or c’est ici que 80% de ceux opérant en Europe sont basés.

“Les gens vont là où l’argent se trouve. Vous savez, nous avons la Chine et l’Inde sur nos talons, et si on ne peut pas travailler à cause de ce sentiment anti-bancaire, je ne pense pas que ce sera une bonne chose”, se lamente un opérateur.

“Ma conviction personnelle, c’est que les conservateurs sont les mieux positionnés. C’est légèrement eurosceptique, mais je pense qu’on doit protéger nos services financiers avant d’en protéger d’autres”, soutient un autre.

A la City, les conservateurs ont bien évidemment la cote. Mais aux libéraux-démocrates, très en pointe dans la lutte pour plus de régulation, on préfère encore les travaillistes. Gordon Brown a d’ailleurs fait pression pour que la directive ne soit pas trop interventionniste.

“Cette directive est purement politique et il y a en Europe une antipathie à l‘égard des hedge funds, mais cette directive ne concerne pas seulement les fonds spéculatifs, sa portée est beaucoup plus large”, s’inquiète la directrice de Dexion Capital.

Pour éviter toute interférence avec les élections britanniques, la présidence espagnole de l’Union a retardé les discussions sur le texte. Il sera seulement à l’ordre du jour de l’Ecofin le 18 mai. Pour l’analyste Iann Begg, l’enjeu est énorme :

“Protéger le centre financier, c’est important pour l‘économie britannique en général, de la même manière que le tourisme est essentiel pour la France ou l’industrie pour l’Allemagne. Ce sont les secteurs moteurs de l‘économie, ceux qui la font prospérer. Alors, d’un côté, l‘électorat souhaite des politiques qui soutiennent la compétitivité de la City de Londres, mais dans le même temps il y a beaucoup d’hostilité envers les banquiers que les électeurs jugent responsables de la récession, et il y a donc aussi une demande pour une régulation et un contrôle des banques.”

Les fonds d’investissement alternatifs pèsent à eux seuls plus de 2000 milliards d’euros en Europe. La plupart des Etats membres sont plutôt favorables à une plus grande surveillance de ces fonds et surtout de leurs gestionnaires. Du prochain occupant du 10 Downing Street dépendra en grande partie l’aboutissement de ce projet.