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Des années délicates attendent le nouveau gouvernement britannique

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Des années délicates attendent le nouveau gouvernement britannique

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“La meilleure note possible : le fameux triple A : Aaa, celle qui est attachée à la dette souveraine de la Grande Bretagne n’est pas menacée par l’absence d’une majorité claire à l’issue des élections” : c’est ce qu’a déclaré vendredi l’agence de notation Moody’s, justifiant ce commentaire par la capacité ou la volonté britannique toujours présente de stabiliser son endettement.

Après le parlement sans majorité sorti des urnes vendredi, la bourse de Londres a plongé tout comme la Livre sterling qui a abandonné du terrain pour se retrouver à un plus bas de un an face au dollar. C’est un fait que l’environnement n‘était guère favorable vendredi mais les marchés sont inquiets de voir que quel que soit le gouvernement qui émergera, il n’aura pas les coudées franches pour remettre à flôts les finances publiques britanniques.

Le déficit budgétaire est monté en 2009 à 12% du Produit intérieur brut : c’est à dire les richesses produites en Grande Bretagne. Le futur gouvernement britannique quelqu’il soit devra fortement serrer sa politique budgétaire.

“Le résultat de cette élection, affirme Paul Woodley, spécialiste de la question à euronews, ne pouvait pas arriver à un pire moment pour l‘économie britannique. Le niveau de la dette est l’un des plus élevé en Europe et les marchés financiers ont horreur de l’incertitude politique, ils veulent la stabilité. C’est pourquopi on voit tous ces dégagements aujourd’hui sur les actions, le Sterling et les obligations du Trésor britannique”.

Et si le risque financier gagne d’autres pays européens : un pays comme l’Espagne par exemple, ce qui serait un cauchemar, alors la facture du plan de sauvetage serait énorme.

“Je me demande si la Grande Bretagne pourrait rester les bras croisés et dire : nous ne donnerons pas un seul cent pour cette opération de sauvetage, affirme David Rennie, journaliste à The Economist. Maintenant si l’Europe vient voir la Grande Bretagne et lui demande de sauver les pays de la zone euro alors quelque soit la volonté des Tories, des Libéraux-démocrates et des Travaillistes, je prédis un sacré affrontement entre la Grande Bretagne et l’Union européenne”.

Quoi qu’il en soit, Londres va évoluer sur le fil du rasoir en devant simultanément tailler à coups de serpe dans les dépenses publiques, et conforter la fragile reprise de l‘économie. La Grande Bretagne était encore en récession fin 2009 et semble encore à la merci d’une rechute.