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Jean-Christophe Bas : "la diversité est au coeur de l'agenda de la paix"

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Jean-Christophe Bas : "la diversité est au coeur de l'agenda de la paix"

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Ce sera sa troisième édition cette année : Le Forum de l’Alliance des civilisations se tiendra du 27 au 29 mai à Rio de Janeiro, au Brésil. Orchestré depuis 2008 par l’ONU, à l’initiative de l’Espagne et de la Turquie, cet événement met en présence des dirigeants politiques, des représentants d’organismes internationaux et régionaux et des donateurs. Ils seront plus de 2000 cette année. A travers les débats et conférences, l’objectif est de stimuler des partenariats et de promouvoir une compréhension entre les cultures et les religions du monde.

A l’approche du forum de Rio, euronews a interviewé Jean-Christophe Bas, actuellement chargé de la stratégie et du développement de l’Alliance des civilisations au siège des Nations-Unies à New York. Il conseille directement Jorge Sampaio, l’ancien président portugais, qui est le haut représentant de l’Alliance des civilisations.

Claudio Rocco, euronews :
Qu’attendez-vous du prochain sommet de Rio ?

Jean-Christophe Bas, responsable de la stratégie et du développement, UNAOC :
Je crois qu’aujourd’hui, il y a un consensus, que l’on soit au Nord, au Sud, à l’Est ou à l’Ouest de la planète, pour dire que les questions d’identité, de culture, de diversité, sont au centre même de l’agenda de la stabilité et de la paix.
Et je crois que ça, c’est un enjeu extrêmement important de ce sommet, c’est de faire en sorte que la communauté internationale intègre mieux ces aspects de dialogue entre les cultures et de diversité.

Claudio Rocco, euronews :
Quelles initiatives concrètes pensez-vous prendre au cours du sommet ?

Jean-Christophe Bas, responsable de la stratégie et du développement, UNAOC :
Les problèmes d’identité, les problèmes de diversité doivent se résoudre au niveau de la rue, au niveau des quartiers, au niveau des communautés locales et c’est la raison pour laquelle, au moment du sommet de Rio, nous allons mettre en scène un certain nombre d’acteurs qui ont fait un travail extraordinaire, mais qui n’ont pas de rampes médiatiques, ou d’accès aux médias et à la publicité.

Claudio Rocco, euronews :
Concrètement, de quelle organisation parlez-vous ?

Jean-Christophe Bas, responsable de la stratégie et du développement, UNAOC :
Je parle de toute une série d’ONG, en Europe, en Asie, en Afrique, où justement des acteurs locaux ont trouvé des réponses pour essayer de rassembler des hommes de culture, d’origine, d’identité différentes et sont parvenus à trouver des réponses concrètes.

euronews :
La promotion du “dialogue entre civilisations” par l’Alliance s’est faite en réaction à la politique étrangère de l’administration Bush basée sur la puissance militaire. A présent, elle a cédé le pas à la politique de dialogue de l’administration Obama. Le fameux discours du Caire, en juin 2009, est caractéristique de ce changement.

Jean-Christophe Bas, responsable de la stratégie et du développement, UNAOC :
Je crois que chaque président a son propre style. Le président Obama, qui est un homme qui a passé une partie de son enfance en Indonésie, qui a des origines africaines, est à lui seul une sorte d’ Alliance des Civilisations. Et je crois qu’il y a un “momentum” aujourd’hui pour que les Etats-Unis reviennent dans la communauté internationale, et s’engagent complètement justement pour essayer de trouver avec le reste du monde des solutions adaptées aux enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Claudio Rocco, euronews :
Le problème de la pôlarisation, de la guerre entre civilisations, en Europe, est une question très sensible, à cause aussi des flux migratoires. Vous en parlez dans votre livre : “Europe à la carte”. Quelle est votre vision de ce problème ?

Jean-Christophe Bas, responsable de la stratégie et du développement, UNAOC :
Les migrations seront le phénomène marquant du XXIème siècle et vont profondément modifier nos sociétés et nos identités. Et une modification d’identité se fait toujours dans la douleur et dans l’appréhension, surtout en Europe qui, il y a encore 25 ans, représentait presque 25% de la population mondiale, n’en représente plus qu’une douzaine de pourcent et donc avec une sorte d’appréhension, “Sera-t-on à la hauteur des enjeux d’un monde globale?” Je crois qu’effectivement, il y a aujourd’hui des vraies appréhensions et que la réponse, c’est justement une meilleure compréhension de la diversité et d’essayer de conquérir ou de reconquérir les populations immigrées et d’en faire, d’une certaine façon, les vecteurs et les intermédiaires d’un processus de dialogue entre les cultures, entre les pays dans lesquels ils travaillent et les pays d’origine desquels ils viennent. Là, je crois qu’il y a le centre même de l’enjeu du malaise en Europe.