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Une coalition britannique inédite et fragile

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Une coalition britannique inédite et fragile

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Une poignée de mains historique entre deux rivaux devenus ce matin partenaires. Les conservateurs et les libéraux-démocrates se partageront pour le meilleur et pour le pire le pouvoir durant cinq ans, du moins si tout va bien. Car beaucoup s’interrogent sur la durabilité de cette union.

Une union historique, c’est certain. Le Royaume-Uni n’a pas connu de gouvernement de coalion depuis la seconde guerre mondiale. En 1940, Winston Churchill était devenu Premier ministre à la tête d’une large coalition réunissant conservateurs, travaillistes et libéraux. A l‘époque, l’alliance avait tenu 5 ans.

Qu’en sera t-il aujourd’hui ? C’est toute la question. Après cinq jours de négociations acharnées, les deux camps ont fait d‘énormes concessions avec les risques inhérents de frustrations et de rancoeur.

Les Lib Dem ont ainsi accepté le plan de coupes dans les dépenses publiques de 6 milliards de livres dès cette année, alors qu’ils souhaitaient attendre l’an prochain.
Sur l’immigration, ils ont accepté le principe de quotas et renoncé à l’amnistie des clandestins.
Enfin, sur l’Europe, ils se sont plié au principe d’un référendum pour soumettre tout nouveau transfert de pouvoir à l’Union. et ils ont renoncé à l’adoption de l’euro.

Les Tories, de leur côté ont notamment accepté que le plafond d’imposition soit relevé à 10 000 pounds, et surtout ils se sont engagés à faire un référendum pour modifier le système électoral.

Beaucoup de compromis donc, voire des sacrifices. En outre, certaines personnalités devront apprendre à travailler ensemble, malgré leurs divergences. C’est le cas de George Osborne, nouveau ministre des finances et du libéral-démocrate Vince Cable, futur ministre du commerce : “Nous réalisons tous deux que la tâche à accomplir pour le pays est énorme. Nous devons y travailler ensemble”.

Parmi l‘équipe de Cameron, on retrouve des pontes du parti conservateur, comme l’eurosceptique William Hague aux affaires étrangères, Liam Fox à la défense, et une surprise avec Theresa May à l’intérieur. Les Lib Dems, eux, se sont assurés de cinq postes ministériels, parmi lesquels le commerce donc mais aussi l’environnement et le secrétariat d’Etat pour l’Ecosse.

Reste à ne pas rompre ce fragile équilibre à la Chambre des Communes. En cas de désaccord ponctuel, les députés libéraux-démocrates pourront toujours s’abstenir, mais s’ils votent contre, l’union pourrait voler en éclat.