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Grèce-Turquie : un lourd passif

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Grèce-Turquie : un lourd passif

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Janvier 1996 : la Grèce et la Turquie frôlent la guerre ouverte. Objet de la crise : deux îlots en mer Egée. Tous proches des côtes turques, ils sont minuscules et inhabités mais deviennent des symboles. Symboles d’un inextricable litige territorial entre deux pays qui sont pourtant alliés au sein de l’OTAN.

La mer Egée compte pas moins de 2000 îles grecques. Or elle est elle-même l’enjeu d’un contentieux qui mêle partage des eaux territoriales, délimitation du plateau continental, et même couverture de l’espace aérien.

Si l’on ajoute à cela la question chypriote, on comprend mieux l’incroyable course à l’armement à laquelle se livrent des deux pays depuis des décennies.

En 2008, la Grèce a consacré à la défense 6,8 milliards d’euros, 3,2% de son PIB. La Turquie en a dépensé, elle, 9,2 milliards. Mais aujourd’hui, Athènes n’a plus les moyens de ce gigantisme militaire et taillera dès cette année dans le budget de l’armée.

Les éternels ennemis ont parfois étonné par leur capacité à s’entraider spontanément dans des périodes de crises. Ce fut le cas en 1999, lorsqu’ils furent tous deux frappés par des séismes meurtriers. Tragédie qui rapprocha les peuples, unis ici, le temps d’un concert à Istanbul.

Signe que le temps de la réconciliation est peut-être venu, cette proposition faite par quelques îles grecques : elles veulent abolir les visas pour les Turques désireux de s’y installer.