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Europe-Mercosur : appétits mutuels et craintes commerciales

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Europe-Mercosur : appétits mutuels et craintes commerciales

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Le Mercosur, c’est à lui seul 20% de l‘élevage mondial. Et c’est une des raisons de l’inquiétude d’une dizaine de pays européens. A la tête de la fronde, la France, qui prédit un boom des importations de boeuf en Europe en cas d’accord de libre-échange. L’agriculture, c‘était déjà l’objet de la discorde lorsque les pourparlers avaient été suspendus il y a six ans.

Pour l’altermondialiste José Bové, devenu député européen, la relance des discussions n’augure rien de bon, d’un côté comme de l’autre : “Je pense que ce sont des accords dangereux, dangereux pour les produits d’Amérique du Sud et dangereux pour les producteurs européens. Par exemple, l’industrie agro-alimentaire européenne veut exporter massivement du lait pour essayer d‘écouler des excédents. Ca n’intéresse que l’agro-industrie. En même temps, ça risque de pénaliser, dans le cône sud, de grands pays producteurs de lait. Je pense à l’Uruguay, à l’Argentine et d’autres.”

Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay. Les pays du Mercosur sont aussi de grands producteurs de céréales. Eux veulent augmenter leurs exportations agricoles vers l’Europe, qui en contrepartie, aurait un large accès à ces marchés émergents pour y vendre ses produits manufacturés.

“Il y a un grand marchandage, et aujourd’hui de grandes multinationales des services veulent conquérir les marchés sud-américains pour pouvoir se développer, et ça au détriment de l’aménagement du territoire, de l’avenir des paysans et de la santé des consommateurs”, martèle José Bové.

Bruxelles veut en tout cas mener la négociation à son terme et a obtenu une première concession de la part du Brésil. Le pays s’engage à ouvrir lentement son secteur de l’automobile aux constructeurs et aux fabricants de composants européens.