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Italie : "le plan d'austérité pourrait être insuffisant"

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Italie : "le plan d'austérité pourrait être insuffisant"

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Pier Luigi Magnaschi est le directeur du quotidien économique Italia Oggi. Il a été interrogé par notre collègue Claudio Rosmino sur le plan d’austérité du gouvernement italien. Première question posée : “en analysant les grandes lignes de ce plan, pensez-vous qu’il pourrait être efficace?

Pier Luigi Magnaschi : “Ce plan pourrait être insuffisant par rapport aux manœuvres d’ajustements du budget public. (…) Ici il s’agit d‘épargner de l’argent public. Et cela n’est possible qu’en augmentant les impôts ou en diminuant le gaspillage d’argent.
Le ministre italien de l’Economie Tremonti a décidé de maintenir de façon stable la pression fiscale, d’inciter la lutte à l‘évasion en introduisant un nouvel élément pour l’Italie: l’implication des municipalités, qui recevront 30% de l’argent issue de la réduction de l‘évasion fiscale. L’autre point, c’est celui de la simplification de l’administration publique.

Claudio Rosmino : “Est-ce-que cette manœuvre n’arrive pas trop tard par rapport aux premiers signaux de crise de l‘économie grecque?

Pier Luigi Magnaschi: “Nous sommes tous en retard en Europe, y compris le plan d’urgence lancé malgré la réticence de l’Allemagne à la veille de ses élections locales en Westphalie. Tout le monde pensait que la crise allait s‘éteindre d’elle-même, mais finalement elle a fini par impliquer tous les pays de la zone euro.

Claudio Rosmino: “ Comment analysez-vous la situation de l‘économie italienne par rapport à des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne?

Pier Luigi Magnaschi: “Quels sont les points forts de l’Italie? Pourquoi est-elle plus stable que la Grèce, même si les chiffres de sa dette globale sont plus importants. Cela est dû essentiellement au fait qu’au lieu d’employer des fonds publics pour faire face à la crise comme d’autres pays l’ont fait, l’Italie, grâce à l’action de son “mister no” , c’est-à-dire le ministre Tremonti, a su faire des économies. Cette dernière année, l’augmentation du déficit public a été moins importante que dans les autres pays. L’autre fait important est qu’en Italie une grosse partie de la dette publique est compensée par l‘épargne nationale”.