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Jérôme Kerviel face aux juges, le système bancaire en questions

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Jérôme Kerviel face aux juges, le système bancaire en questions

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Avant de comparaître devant ses juges, l’ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, a dû affronter un essaim de journalistes, une mêlée compacte qui n’aura obtenu de lui que le silence.

Visage fermé, serré de près par son avocat, Jérôme Kerviel a patiemment progressé vers la salle d’audience du tribunal… Seul Maître Olivier Metzner a réagi:
“La verité, c’est ce qui s’est réellement passé dans les salles de marché et nous allons le démontrer lors de l’audience, et nous espèrons que la Société Générale ne vas pas continuer à cacher des éléments”.

Kerviel est jugé pour avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société générale début 2008.

L’accusation soutient qu’il a pris des positions spéculatives exorbitantes sur les marchés financiers à l’insu de sa hiérarchie et en déjouant les contrôles à l’aide d’opérations fictives, dans un système de traitement automatisé de données informatiques.

Maître Jean Veil, avocat de la Société Générale :
“Monsieur Kerviel a agi seul, en cachette de sa hiérarchie même si effectivement les alertes, qui ont été déclenchées par les fraudes, n’ont pas permis de le découvrir plus tôt”.

Le trader aurait pris des positions à risques à hauteur de 49 milliards d’euros.

Pour les analystes, c’est aujourd’hui l’heure du procès d’un système et non pas d’un seul homme:
François Chaulet, Montsegur Finance :
“Le procès de Jérôme Kerviel est le procès d’un
système qui était en place dans de nombreuses banques et salles de marché. C’est le procès d’un système qui va au-delà des malversations dont la Société Générale accuse son trader. On ne sait pas dans quelle mesure on avait des prises de position de la part de ces salles de marché qui pouvaient parfois dépasser les autorisations qui étaient données par les directions des banques.”

Jérôme Kerviel encourt cinq ans de prison, 375.000 euros d’amende et des dommages et intérêts à hauteur de la perte subie par la banque française.