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Sanctions contre l'Iran: une erreur pour la Turquie, une avancée pour Israël

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Sanctions contre l'Iran: une erreur pour la Turquie, une avancée pour Israël

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Sanctionner à nouveau l’Iran pour son programme nucléaire est une erreur selon Ankara. La Turquie et le Brésil, qui ont signé un accord d‘échange de combustible nucléaire iranien avec Téhéran il y a trois semaines, ont voté contre la résolution du conseil de sécurité de l’ONU.

L’accord de Téhéran, qui reprend en partie l’offre avancée en octobre par l’Agence internationale de l‘énergie atomique, prévoit le transfert à l‘étranger de 1.200 kg d’uranium iranien faiblement enrichi en échange de combustible nucléaire.

En privant l’Iran de la majeure partie de son stock d’uranium, le projet de l’AIEA aurait permis de dissiper les soupçons suscités par son propre programme d’enrichissement.

Le texte approuvé à Téhéran n’a toutefois pas convaincu les Occidentaux. Les Etats-Unis ont ainsi dénoncé une tentative de dernière minute de la part de l’Iran pour écarter le spectre de nouvelles sanctions.

Le Premier ministre turc s’est directement adressé aux occidentaux à l’occasion d’un forum diplomatique et économique turco-arabe à Istanbul:

“Si l’Iran n’avait pas tenu sa promesse, vous auriez pu avoir cette démarche. Vous avez demandé dix mois à l’Iran. L’Iran a accepté et alors qu’un processus vient de débuter, vous bloquez ce processus avec des sanctions. Nous ne voulons pas être complice d’un telle erreur, parce que l’histoire ne nous le pardonnera pas. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas nous renier, cela aurait été un acte déshonorant”.

A l’inverse, Israël estime que le vote du conseil de sécurité de l’ONU contre le programme nucléaire iranien est un pas important, mais qu’il ne va pas assez loin. C’est ce qu’expliquait le porte-parole du ministères israéliens des affaires étrangères ce matin:

“Ce qu’il faut à présent, c’est que la communauté internationale agisse avec détermination pour imposer des sanctions plus spécifiques, des sanctions dirigées contre des secteurs précis, des sanctions plus ciblées et cela peut être fait à différents niveaux sur la scène internationale ou à un niveau national, Etat par Etat.”

Et la Russie vient de prendre ce chemin. Le Kremlin a décidé de geler un contrat de livraison de missiles S-300. A plusieurs reprises, les Etats-Unis et Israël avaient exhorté la Russie à ne pas vendre de telles armes à Téhéran.