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Election présidentielle : quelle place pour la Pologne dans l'Europe et le monde ?

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Election présidentielle : quelle place pour la Pologne dans l'Europe et le monde ?

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Le 10 avril, l’avion présidentiel s‘écrase à Smolensk. A son bord, Lech Kaczynski, son épouse, des dizaines de responsables politiques, militaires, administratifs, et pas un seul survivant. Le drame précipite l‘élection présidentielle, sans laisser le temps aux candidats d’aiguiser leur stratégie. Ils sont au nombre de dix, mais c’est entre deux hommes que se joue le scrutin.

Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président défunt, candidat du parti Droit et Justice, nationaliste et eurosceptique. Face à lui, Bronislaw Komorowski, candidat des libéraux de la Plateforme Civique qui sont au gouvernement.

L’empathie aidant, la Russie, éternel ancien occupant, devient un ami retrouvé. La Pologne, qui présidera l’Union européenne dans un an, veut même faire du rapprochement avec l’Est une priorité.

“Les Polonais ressentent très fortement le besoin de stabiliser leurs relations avec l’Est, en particulier avec la Russie, et d’amener la Russie à avoir un dialogue plus régulier avec la communauté européenne et avec l’OTAN”, explique l’analyste Andrew Nagorski.

Mais il y a un obstacle sur la voie du rapprochement avec Moscou : les missiles américains sur le sol polonais. Pour Varsovie, toute la difficulté est aussi de concilier sa politique atlantiste avec les exigences de son appartenance à l’Union.

“L’Union européenne répond plus à nos défis du futur. La participation à l’OTAN répond plutôt à nos peurs du passé. Et ce sont les deux facettes de notre appartenance à ce que sont les institutions du monde occidental”, souligne le représentant permanent de la Pologne auprès de l’Union européenne.

“Je pense que les circonstances ont changé. Les Etats-Unis ne se sentent plus menacés par une identité européenne de défense, bien au contraire, ils voudraient que l’Europe soit davantage capable de partager avec eux le fardeau”, ajoute Radoslaw Sikorski, le ministre polonais des Affaires étrangères.

L’ancrage dans l’Union européenne passera tôt ou tard par l’adoption de la monnaie unique. Mais l’objectif initial de 2012 a été abandonné. La crise, le déficit et la dette contraignent la Pologne au pragmatisme, et elle s’en accommode volontiers.

“Il y a deux ans, on s’engageait à présenter des dates mais aujourd’hui nous préférons attendre un certain moment, un certain temps, pour avoir une zone euro plus sûre d’elle-même, et nous donner aussi les conditions de rentrer. Je pense également qu’aujourd’hui, la zone euro n’est pas prête à nous accueillir”, conclut le chef de la diplomatie polonaise.

Du résultat de l‘élection présidentielle dépendra en grande partie le positionnement de la Pologne sur la scène européenne. Le chef de l’Etat dispose d’un droit de véto et a son mot à dire sur la politique étrangère et la sécurité.