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Pologne : le duel attendu

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Pologne : le duel attendu

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La Pologne est désormais dans l’attente du second round de la présidentielle. Le libéral Bronislaw Komorowski n’ayant pas obtenu la majorité au premier tour, il devra en passer par un duel avec le conservateur Jaroslaw Kaczynski le 4 juillet.

A peine 5% des suffrages séparent les deux finalistes. Et tout semble désormais reposer sur les électeurs du candidat de la gauche, arrivé troisième.

Partisan d’une Pologne fermement ancrée dans l’Europe, Bronislaw Komorowski se veut le candidat de la raison. Il appartient à la Plate-forme civique du Premier ministre et veut travailler main dans la main avec le gouvernement. Mais son manque de charisme joue contre lui :

“Il est clairement le favori de cette campagne, mais il est aussi un candidat peu spectaculaire. Il veut la stabilité, la prévisibilité, et la consolidation, mais il n’y a pas de feux d’artifices dans sa campagne”, commente l’analyste Pawel Swieboda.

Son rival a, lui, vu sa cote de popularité s’envoler après la mort du président dans un crash aérien. Président qui n‘était autre que son frère jumeau. Chef du parti Droit et justice, nationaliste et eurosceptique, Jaroslaw Kaczynski a mis de l’eau dans son vin, sans convaincre notre analyste :

“Jaroslaw Kaczynski n‘était pas lui-même au cours du premier tour. Il a tenté de se réinventer en politicien modéré. Je pense que son masque va tomber maintenant, et nous assisterons à un combat beaucoup plus serré entre les deux candidats au deuxième tour.”

Le score du jeune social-démocrate Grzegorz Napieralski le pose en arbitre. Mais pour l’instant, le troisième homme s’est bien gardé de donner une consigne de vote à ses partisans pour le second tour.

“L’issue de l‘élection dépendra du nombre de ces électeurs qui pencheront pour Bronislaw Komorowski. Mais en termes de perception publique de la politique, pas grand chose n’a changé. Les Polonais restent conservateurs sur la plupart des sujets controversés, avec quelques exceptions notamment sur la fécondation in vitro”, explique un autre analyste, Piotr Kaczynski.

L’accès libre à la fécondation in vitro et son financement publique : c’est un cheval de bataille de Napieralski, et l’une des conditions qu’il pourrait poser aux deux candidats restés en lice, lesquels convoitent son soutien.