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Une présidence européenne sans tête

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Une présidence européenne sans tête

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C’est un pays naviguant à vue qui va tenir la barre de l’Europe pour les six prochains mois. Dirigée par un gouvernement sortant qui expédie les affaires courantes, la Belgique a fixé ses priorités européennes. Sans surprise, la sortie de la crise et la régulation financière arrivent en tête. Pour le reste, nulle inquiétude à avoir assure le Premier ministre démissionnaire, Yves Leterme :

“Il y a un gouvernement en place qui peut très bien gérer cette présidence belge, d’autant plus que le contenu du programme a été négocié avec tous les grands partis politiques en Belgique, et donc, plus de 80% des partis ont approuvé le programme de la présidence belge.”

Ce sont les indépendantistes flamands emmenés par Bart de Wever qui ont remporté les élections. Il leur faudra des mois pour former une coalition sur fond de querelles communautaires et institutionnelles. Les plus optimistes parlent d’octobre. Mais l’Union européenne ne fera pas les frais de ces aléas, promet là encore Yves Leterme :

“Les problèmes institutionnels, les demandes de nouvelles répartitions des compétences et des responsabilités, ces demandes sont là depuis des années, et donc, c’est totalement indépendamment du calendrier européen.”

Pour le gouvernement de transition, c’est là l’occasion d’invoquer l’esprit du Traité de Lisbonne. Traité qui fait de la présidence tournante un co-pilote. Dans le rôle moteur, la Belgique voit volontiers Herman Van Rompuy, d’autant plus volontiers que le président permanent du Conseil est belge. Encore en quête de légitimité, l’intéressé appréciera.